le battement
à peine
d’un doigt
juste à l’endroit
de ma perte
pas un signe
pas la moindre promesse
juste un nom – le tien
et la lumière
au bord du jour qui va
se lever

Martial Raysse / Life is so complexe
Berge du lac de l’Ouest
rouges et bleus
tabourets d’enfants en plastique
thé aux pétales de lotus
son or entre les dents noires
des femmes aux yeux cataractés
à la noix d’arec le café
les grains de sucre raclent
le gosier des hommes silencieux.
Sabine Huynh
Bertrand Delay
comme un tissu
que l’on déchire
le silence cède par endroits
un peu de jour passe
je ne sais pas où –
la blancheur seulement
je ferme les yeux
pour écouter ce qui me traverse
peut-être
est-ce le sang qui bat
dans mes tempes

trente Park
un souffle
oublié
effleure mes lèvres
je ne dors pas
je penche la tête
à peine
comme autrefois
je tends une main
l’espace ne répond pas
un long moment
mes doigts restent ouverts
la main redescend
je ne sais plus
si elle cherchait quelque chose
ou si c’était moi

Dolorès Marat
tu te tiens
droite
face à la rivière
comme si
quelque chose
devait revenir
les arbres baignent
dans l’eau
le vent en défait
le reflet
je cherche
dans le silence
les mots que tu retiens

Cette nuit le diable avait forte carrure
tenant sa proie de solitude croyait-elle
un bleu pur nous réveille
quelle ombre de toi s’est nouée à mes plis
me déprendre
délivrer tout mon dû frissonnant
je, nue, à l’ombre déployée
plus de quarante foulées dépensées
sans visible sésame
enfin la source pleure
et la forêt gorgée de nids
Sabine Dewulf
Richard Tuchman
une idée un reflet
ne plus sentir le sol
dire détours déboires coups de dés
ignorance
encore les nerfs
un coin de peau
et le geste unique
savoir pourquoi les gens vivent
trop de bouches
d’odeur spirituelle
écriture aigre
tant de virtualité
renvoie à la mort
on coupe
par réalisme
Bernard Noël
Anthony Morel
seule avec toi
dans le silence vert
je respirerai au plus léger
l’invisible
Du fond des eaux frémira la lumière
Je te retrouverai
Roselyne Sibille
Trente Park