Un ravissant cimetière

.

Ah, moite comme ce soir de printemps

Errant dans son élégant kimono carmin, c’est elle!

Douce comme une sœur, c’est elle!

Ni la lune sur le cimetière ni le phosphore ni l’ombre ni la vérité

Et quelle tristesse !

Ainsi ma vie et mon corps s’en vont pourrissant

Et dans le paysage vague du Néant

Ravissants visqueusement penchent !

.

Sakutaro Hagiwara

.

.

Georges Perros

Ce que je nomme poésie, c’est une occasion d’aller, de passer par là où je n’aurai pas dû, pu me fourvoyer sans elle. La poésie m’entraine à l’improviste. A partir d’une décision qui m’a pris, mon langage risque de perdre sa situation quasiment sociale, pour se risquer dans des régions où il ignore tout et particulièrement la langue. Où il va devoir se débrouiller seul.

Image http://www.espritsnomades.com/sitelitterature/perros/perros.html