mais comment dire l’amour
le désastre et le commencement
le temps courbé sous la veille infinie
et les débris de plâtre
incrustés sous la peau –
Lorand Gaspar
mais comment dire l’amour
le désastre et le commencement
le temps courbé sous la veille infinie
et les débris de plâtre
incrustés sous la peau –
Lorand Gaspar
« Ne jamais faire de violence à sa propre âme ; ne jamais chercher ni consolation, ni tourment ; contempler la chose, quelle qu’elle soit, qui suscite une émotion, jusqu’à ce que l’on parvienne au point secret où douleur et joie, à force d’être pures, sont une seule et même chose : c’est la vertu même de la poésie. »
Simone WEIL – « Écrits historiques et politiques »
Ciel plus limpide
que nuit d’été.
On sent
le mouvement de la terre.
Insimulable, manque la senteur du foin,
la festive sirène
le murmure
des amants.
Antonio Osirio
Rapatrié dans l’oubli,
le dialogue convivial de nos
yeux lents.
Rapatrié syllabe après syllabe, réparti
sur les dés aveugles le jour, vers quoi
se tend la main du joueur, grande,
dans l’éveil.
Et le trop de mes paroles :
déposé sur le petit
cristal dans le fardeau de ton silence.
Paul Celan
ce doux profil
à la lueur d’une lanterne –
on dirait le motif
d’un poisson
brossé sur de la porcelaine
mais voilà que
soudain le motif murmure
des mots
dans une langue ancienne
à peine soufflée

.
papier
de cellulose
en pure pâte
vierge
doublé sur l’épaisseur
et soufflé à l’air chaud
avec son mandrin
exempte de tout parfum
qui aisément
s’éteint dans l’eau
des broyeurs
ou des fosses
septiques
Assassiné par le ciel,
entre les formes qui vont vers le serpent
et les formes qui cherchent le cristal,
je laisserai mes cheveux pousser.
Avec l’arbre à moignons qui ne chante pas
et l’enfant au blanc visage d’oeuf.
Avec les bestioles à la tête brisée
et l’eau haillonneuse aux pieds secs.
Avec tout ce qui est fatigue sourde-muette
et papillon noyé dans l’encrier.
Me heurtant à mon visage différent de chaque jour.
Assassiné par le ciel !
Frédérico Gabriel Lorca