Anniston



les enfants

d’Anniston

trempent

dans les eaux laiteuses

de l’été

leurs bras brassent

la poussière légère

ils rient

comme nous rions

d’un mot heureux

et si vous leur demandez

ce qu’ils feront

plus tard

aucun d’entre eux

ne voudra se recommander

à vos prières

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image-e1448366370628 Samuel Bollendorff

Au loin

 

Mutité à nouveau, spacieuse, une maison – :

Viens, tu dois habiter.

 

Heures, qui s’échelonnent, belles comme malédiction : atteignable

est l’asile.

 

Plus mordant que jamais l’air qui reste : tu dois respirer,

respirer et être toi.

 

Paul Celan

Jeff Wall

 

 

Un morceau de lumière

 

J’écris des dates

le temps qui les traverse

ne laisse qu’un peu de poudre humide

parfois les feuilles remuent

le ciel n’est pas le ciel

le jour est un reste de regard

 

Jacques Ancet

 Cristina Coral

 

 

 

La maison du vide



j’habite

dans le fauteuil rouge

près la fenêtre


ici les yeux sont

sans visage

le jour c’est la nuit


les voix

ont aussi une part

d’ombre


on dirait

que l’autre monde

déjà nous entrevoit

Fernanda Frazão

Armure du matin

 

Je ne sors plus

de moi. Je traverse

mes lèvres

sans voir que le soleil

déchire l’air

des murs

J’invente des couloirs

où le froid s’accumule

courbe

jusqu’à ce cri.

 

Claude Esteban

 Amy Colebrook

Raymond Queneau

 

Ce soir

si j’écrivais un poème

pour la postérité ?

fichtre

la belle idée

je me sens sûr de moi

j’y vas

et

à

la

postérité

j’y dis merde et remerde

et reremerde

drôlement feintée

la postérité

qui attendait son poème

ah mais.

 

Raymond Queneau

 

 

« Über allen Gipfeln ist Ruh »

 

La lune s’envase

jusqu’aux yeux

elle est à peine visible

 

je veux la guetter

écorcher son ventre blanc

et la préparer

 

sa viande a la saveur

du poisson de mer

 

Anise Koltz

image-e1448366370628 Ade Adekola

 

 

Vérrou

.

à peine un mot

ce mot

et tu tournes le dos

pour trancher

l’histoire ne deux

et je reste

sur le perron

avec ce peu –

une ligne vive dans le silence

à respirer

les senteurs pourries

de l’automne

image-e1448366370628 Hélène Duclos

(de) Instants qualifiés

 

Sanguine issue

D’un très beau jardin

Mourant au nord,

 

De colline en colline

Espère la mer

 

Fibre violette

Au cœur de l’orange.

 

Jean Tortel

Shane Lynam