Podcast


çà et là

dans la buissaie

pavillonnaire

des chats

aux yeux dilatés

et le fer brut

de ces monstres qui guettent

la proie

Yiannis Hadjiaslanis

Hélène Dorion

.

« J’ai compris que, si je m’engageais pour la vie dans ce chemin qu’était l’écriture, il ne s’agirait pas seulement de “faire des livres”, l’un après l’autre, mais que ce serait une manière d’apprendre à vivre, à être, à aimer – pour le dire banalement, mais sincèrement : à devenir un meilleur être humain –

Hélène Dorion

Tard



de ce que

l’hier était –

saisons

murs

lumière figée

dans les choses

il ne reste

que le fauteuil et

la table d’où

je t’écris

Chase Middelton

(de) Arrière-plans

.

Dormeur solitaire

Je ne rêve rien

Qu’on ne puisse rêver

Je vois la nuit en face

sans me voir

quant à vous vous troublez

ça et le miroir

entre les vieux nuages

ainsi je ne suis seul qu’avec vous

et ma propre absence

prête à être écrite

.

Christophe Mahy

Hanna Putz

Sans titre

.

Pas un rayon encore,

le vert sèvère des feuillages,

l’étendue du ciel pâle

et presque rien ne bouge

ni se fait entendre,

nous avons franchi la porte,

tiré les chaises et la table

devant ce paysage de l’aube

au sortir d’une nuit incertaine.

.

Paul de Roux

Zao Wou-ki

Au feutre


dans le fatras obscur 

des images – es-tu

seulement couchée ?

au loin

coraille un oiseau

de proie  

quelque chose imbibe la nuit

la distance

ou peut-être le silence – buvard d’un cri

teint à froid

la lumière faiblit

le destin entre

dans la chambre

silencieux

il s’assoit

Marie Bouttier

Poème réversible


ce visage

à grands traits

qui me tient

en joie

c’est juste

un souffle

une ombre

un aplat pour

la matière

un regard à peine

éclairé

puis le doigt va

sur le papier

le grain est tendre

aussi tendre

que l’absence

donnée

Joseph Hofer

.

Mise en abyme


à saigner

la langue jusqu’à l’os

aiguiser sans relâche

les entailles du temps

à toujours célébrer

la distance

dans l’essai du matin

il advient

l’oiseau et la proie

ne fassent qu’un

Laura Letinski

(de) Errer mortelle

.

Pour seules vivres

l’os du chemin

rongé par la lumière

.

pauvre est le sol

où s’use la pierre

sous les rafales  du vent

.

citernes vides

remplies d’échos

sources taries dans l’air hautain

.

le chemin n’est que poudre d’os

dans la paume de la terre

.

José-Flore Tappy

Serge Clément