châteaux
de fer
nuits d’orage
artifices détrempés
sable
poussière
nid de poussières
mots écornés
quoi d’autre
encore ?
dans le silence
de l’aube
sur un conduit de papier –
suis-je bien
celui que tu as aimé

Kati Dovelos
châteaux
de fer
nuits d’orage
artifices détrempés
sable
poussière
nid de poussières
mots écornés
quoi d’autre
encore ?
dans le silence
de l’aube
sur un conduit de papier –
suis-je bien
celui que tu as aimé

Kati Dovelos
dans l’angle où on dort, une équerre de bois ferme le ciel, on écoute la nuit descendre dans la voix la plus basse, un souffle court dans les feuilles par l’herbe plaquée, couleur de bête morte, sous le temps qui penche disparaît un pays sans bruit, les mains serrent sur le drap le froid découpé vif dans la fenêtre, où on regarde on ne rejoint plus rien, on respire mal par les trous du sommeil, la lampe n’éclaire pas dehors, à peine un faisceau de gris aux bords rongés, et l’humidité des arbres, mais à portée des yeux le fil droit des rainures de sapin, la nuit de la fenêtre, plus noire dans le noir quand on allume la petite ampoule, une bête longe la barrière
Mary-Laure Zoss
Patxi Laskarai
vitres claires
un oiseau –
échappée lente
dans le ciel tremblé
les branches nues
d’autres départs
en silence
comme si rien ne pesait
un couple passe
dans la lumière blanche
leurs rires
une lumière proche
ton visage – un instant
ta bouche
un mot inachevé
tout ce que novembre prend
sans rien retourner

Katya Kalyska
dans l’hiver
qui mord la falaise
ils tanguent
hilares
d’un bout à l’autre
du versant
en arrière
en avant
comme possédés
jusqu’à l’instant
où les mains cèdent
et qu’ils s’éloignent
dans le vent

Cédric Klapisch
Marelle au bord des larmes ce matin, craquante
de larmes (beaux yeux en amande ou, au plus noir
de la nuit, vulgaire noix, noix aveugle ?) ; brise
légère. Mer lisse. Marelle qu’un enfant
berce de ses jeux transparents, de ses rires.
Nous serons emportés. Regardez les fleurs,
la rosée… Mais quel naufrage à cette hauteur
ridicule ?
Laurent Cennamo
Pour seuls vivres
l’os du chemin
rongé par la lumière
pauvre est le sol
où s’use la pierre
sous les rafales du vent
citernes vides
remplies d’échos
sources taries dans l’air hautain
le chemin n’est que poudre d’os
dans la paume de la terre
José-Flore Tappy
Patxi Laskarai
un rivage
dans l’à-vif du soir
vers une mer
prise au hasard
les oiseaux ont disparu
il reste
quelques traits noirs
là-haut
et ce goémon d’épave
par monceaux
qu’à nos pieds l’eau rejette

Andrei Fărcășanu
Ce retrait
où garder
la lumière d’hiver
et l’obscurité,
les mots très bas
rendus à la terre,
un chant qui reste
à reprendre.
La terre
Garde
arbres, chemins ;
à terre,
restent
brindilles
et lichen
où s’accroche
sur le tard
l’or peut-être
de la lumière.
Reste
une note juste
de lumière
dans un carnet
des chemins.
La nudité
ne s’oublie
pas.
Pas.
Jean Gabriel Cosculluela
Basso Cannarsa
La voie tracée par les oiseaux
va d’une saison à l’autre
nous traversions des jardins
à contre-courant, vers l’enfance
les eaux claires
dans le bassin
nos jeux dispersaient
le cercle des pluies
fétu de paille, je savais brûler
quand toi, chêne d’hiver
accueillais la neige sur tes branches
Mes mains sur tes yeux clos
Là est le temple.
Cécile A. Holdban
Matthias Olmeta