(de) Sable mouvant

 

(…) Alors
Je prie le ciel
que nul ne me regarde
Si ce n’est au travers d’un verre d’illusion
Retenant seulement
Sur l’écran glacé d’un horizon qui boude
Ce fin profil de fil de fer amer
Si délicatement délavé
Par l’eau qui coule
Les larmes de rosée
Les gouttes de soleil
Les embruns de la mer.

Pierre REVERDY

Image Tsuruko Yamazaki

 

 

Charles Baudelaire

Quel est celui de nous qui n’a pas, dans ses jours d’ambition, rêvé le miracle d’une prose poétique, musicale sans rythme et sans rime, assez souple et assez heurtée pour s’adapter aux mouvements lyriques de l’âme, aux ondulations de la rêverie, aux soubresauts de la conscience.

C’est surtout de la fréquentation des villes énormes, c’est du croisement de leurs innombrables rapports que naît cet idéal obsédant. Vous-même, mon cher ami, n’avez-vous pas tenté de traduire en une chanson le cri strident du Vitrier, et d’exprimer dans une prose lyrique toutes les désolantes suggestions que ce cri envoie jusqu’aux mansardes, à travers les plus hautes brumes de la rue ?

Charles Baudelaire / Préface de Le Spleen de Paris

Image http://www.magazine-litteraire.com/

Bleu



nos chairs –

peaux ombres

mêlées

dans la douceur

du matin


un souffle

à peine


vos mains

laissées là


afin qu’au

plus tard

la parole

ne revienne

Egon Schiele