ce bout de route
devant moi
plus proche de la nuit
la vraie
la véridique
l’incontournable
je ralentis le pas
je fais semblant
d’admirer le paysage
ruse de vivant
Abdellatif Laâbi
Ed Van der Elsken
ce bout de route
devant moi
plus proche de la nuit
la vraie
la véridique
l’incontournable
je ralentis le pas
je fais semblant
d’admirer le paysage
ruse de vivant
Abdellatif Laâbi
Ed Van der Elsken
Donne moi ce murmure
ce chemin en écho
où commence ce dire
Mon cœur incendié remue une cendre noire
Rumeur rêche d’une corne d’or
Chimère de mercure et de chrome
Une déchirure inconnue de douceur
Mienne, comme mon émoi-même
Georges PEREC
Cédric Van Turtelboom
Incertitude. Où la voix
dira le mot, la vie
recommencera. Pour l’instant
rien qu’une attente. Un désir
qui n’ose s’avouer
désir. Une aube
oublieuse de la nuit
mais qui doute du jour.
Tout pourrait rester ainsi
entre rêve et sang,
souffle et pierre.
N’avoir qu’une conscience,
l’angoisse. N’être qu’un remous
de néant. Mais, la parole
enfin gorgée de silence,
voici que sur le fond
blême du matin se lève
un soleil sur de sa fin.
Louis Guillaume
Ici près des fontaines
je revivrai ma vie
Ici près des fontaines
on partira dès l’aube
comme les ouvriers
La maison sera belle
Et le pont chantera
sous les vieux tramways
On entendra les foulques
On entendra l’eau douce
nous parler du bonheur
dont tous avaient rêvé
mais que nul n’a connu
Et seul subsistera
le carillon des heures
sur les quais détrempés
et sur les jardins nus
Georges Haldas