une ombre
glisse
le long du mur
dans l’espace
entre nous
je tends une main
sans l’atteindre
son souffle
léger
effleure pourtant
mes lèvres
une paix
alors avance
sèche
et nue

Dolorès Marat
une ombre
glisse
le long du mur
dans l’espace
entre nous
je tends une main
sans l’atteindre
son souffle
léger
effleure pourtant
mes lèvres
une paix
alors avance
sèche
et nue

Dolorès Marat
tu te tiens
droite
face à la rivière
comme si
quelque chose
devait revenir
les arbres baignent
dans l’eau
le vent en défait
le reflet
je cherche
dans le silence
les mots que tu retiens

Cette nuit le diable avait forte carrure
tenant sa proie de solitude croyait-elle
un bleu pur nous réveille
quelle ombre de toi s’est nouée à mes plis
me déprendre
délivrer tout mon dû frissonnant
je, nue, à l’ombre déployée
plus de quarante foulées dépensées
sans visible sésame
enfin la source pleure
et la forêt gorgée de nids
Sabine Dewulf
Richard Tuchman
une idée un reflet
ne plus sentir le sol
dire détours déboires coups de dés
ignorance
encore les nerfs
un coin de peau
et le geste unique
savoir pourquoi les gens vivent
trop de bouches
d’odeur spirituelle
écriture aigre
tant de virtualité
renvoie à la mort
on coupe
par réalisme
Bernard Noël
Anthony Morel
seule avec toi
dans le silence vert
je respirerai au plus léger
l’invisible
Du fond des eaux frémira la lumière
Je te retrouverai
Roselyne Sibille
Trente Park
Ombre glissant dans l’ombre
chassée par l’ombre la chassant
à travers troncs branches et feuilles
tu te glisses
La plante de tes pas
Tu agites les eaux
les déploies en rouleaux frangés
qui feuillettent les terres
les étagent
déplient
de page en page
Raphaël Monticelli
Mikiya Takimoto