une main
se pose
sur mon épaule
je sens
la pression de ses doigts
sur ma peau
elle ne pèse presque rien
je la reçois
comme si elle était
de chair
ou qu’un autre corps
était là

Harry Gruyaert
une main
se pose
sur mon épaule
je sens
la pression de ses doigts
sur ma peau
elle ne pèse presque rien
je la reçois
comme si elle était
de chair
ou qu’un autre corps
était là

Harry Gruyaert
D’autres phrases plus proches que les miennes
D’autres silences mieux découpés
Civière, bras inconnus, couloir, ciel, ciel
Tellement plus de feuilles sur les arbres
La ressemblance, trace et oubli
Dans cette histoire quelqu’un lance une flèche, s’en va mourir où la flèche tombe
Ou bien c’est un souvenir de forêt, de courage
Sereine Berlottier
David Alan Harvey
le jour
cède enfin
plus rien
ne demeure hors
de l’instant
les arbres
s’enfoncent dans l’ombre
le chemin
perd son empreinte
la terre
poussée vers la hauteur
écoute le vent
voyager

Paxti Laskrai
Debout mais
plus grande couchée moins
atteinte tout
recommence
Curieusement les oiseaux survivent les
fleurs survivent les arbres ne sont
pas arrachés ni la toile d’araignée
dans l’angle du volet secoué
L’écume vise
l’obstination d’une parole
que la répétition
ne désagrège pas
revient
sans venir à bout d’une
phrase
qui dirait
l’épuisement
du rivage
mère-vague et tempétueuse
Sereine Berlottier
Jean Louis Saiz
dans la blancheur
du songe
le silence reprend
sa place
je marche
sans savoir où aller
derrière moi
quelque chose demeure
sans visage
comme un pas
qui ne me rejoint pas

Pierrette Bloch
Quelle implacable enfance a rivé ma vie la passion des nombres impairs ?
Annie Le Brun
Issei Suda
Deux mille ans de courses en sac
Quel spectacle inoubliable !
Annie Lebrun
Issei Suda
Je vous l’avais bien dit :
Tout l’art consiste dans l’éternel retard.
Annie Le Brun
Issei Suda