lla brûlure
invisible
c’est la langue des yeux
blanche
grêle
plus forte que le cri
ou l’avalanche de mots
elle passe sans bruit
reste
sous la peau

Erwin Olaf
c’est danser qu’il faudrait
est-ce qu’on saura ?
est-ce qu’on saura
tomber un peu ?
laisser l’incertitude
remplir nos ventres
se tenir ne pas se tenir
entrer dans le vert
qui grandit derrière nous
mourir un peu et revenir
est-ce qu’on saura ?
Mira Wladir
Ana Vallejo
jamais le cœur si grand
qu’en haut d’une falaise
la place pour qu’il s’étende
ouvre son ciel
plein soleil
plein vent
être à soi à l’autre
au monde
pleinement
Mélanie Leblanc
Bertrand Delai
châteaux
de fer et nuits d’orage
artifices détrempés
esprits –
pareillement au songe
aliénés
sable poussière
nid de poussières
mots écornés
quoi d’autre
encore
l’aube est silence
d’un conduit de fumée
les mot rougis d’une existence
passée
la peur
l’ambigüité – suis-je bien
celui que tu as aimé
?

Kati Dovelos
dans l’angle où on dort, une équerre de bois ferme le ciel, on écoute la nuit descendre dans la voix la plus basse, un souffle court dans les feuilles par l’herbe plaquée, couleur de bête morte, sous le temps qui penche disparaît un pays sans bruit, les mains serrent sur le drap le froid découpé vif dans la fenêtre, où on regarde on ne rejoint plus rien, on respire mal par les trous du sommeil, la lampe n’éclaire pas dehors, à peine un faisceau de gris aux bords rongés, et l’humidité des arbres, mais à portée des yeux le fil droit des rainures de sapin, la nuit de la fenêtre, plus noire dans le noir quand on allume la petite ampoule, une bête longe la barrière
Mary-Laure Zoss
Patxi Laskarai
vitres claires
un oiseau –
échappée lente
dans le ciel tremblé
les branches nues
d’autres départs
en silence
comme si rien ne pesait
un couple passe
dans la lumière blanche
leurs rires
une lumière proche
ton visage – un instant
ta bouche
un mot inachevé
tout ce que novembre prend
sans rien retourner

Katya Kalyska