des maisons
ici
et là se tiennent
fenêtres ouvertes pourquoi
ne se demande pas
un seul passant
est-ce-que je ne saute
pas
dans la vie
des espaces
Eva-Maria Berg
collection de poèmes pris au hasard (ou presque)
Il y a le bleu des brèches et des horizons pâles
Il y a que je pense à un figuier comme
A la perfection du sommeil
Il y a que le ciel penche au-dedans de nous
Et se relève : il y a la jeunesse des eaux.
Il y a une icône au fond d’un temple
Et le temps qui s’inscrit tout entier en toi
Il y a ce poème qui te ressemble
Une rose à jamais pure
Rose noire la rose de ta voix.
Il y a une arche au-dessus du froid
Quelque chose qui respire tout près d’ici
Je t’écoute est-ce toi est-ce moi
Il y a une source qui ne finit pas.
Lionel Ray
S’il est vrai
que « lorsque tout autour
est sombre, les yeux
commencent à voir »
alors je vois
très bien.
J’écoute ce vent
qui me ramène à toi,
cette tempête
de cris
au travers des murs de la nuit,
des portes,
des branches, des feuilles mortes,
des pas,
solitaires, j’écoute
cet hiver
sans firmament,
ce cortège de songes
jetés en plein vol…
Roberto Veracini
Sous un ciel étranger
ombres roses
ombres
sur une terre étrangère
entre roses et ombres
dans une eau étrangère
mon ombre.
Ingeborg Bachmann
Dans une barque éteinte
Je dors à petit feu
La vie me porte
et je la porte Une voix tremble
La maison se recueille
Le jour n’a pas de nom
Georges Haldas
Il y a terreur, mais
aujourd’hui, je peux marcher :
bien travaillé, aplani les jours et
les coups, je me souviens, la voix
de l’autre coté : tu n’as rien vu et
terreur, encore, a frappé, mais
les cris, ce jour, se sont éloignés et
là-bas, comme elle se resserre,
je marche, elle crie
je marche dans l’écho,
jusqu’au bout de sa parole.
Alain Veinsten
Au cœur de l’hiver,
Contrairement à toute attente,
Au milieu des arbres
On croirait voir des fleurs
Tant il est tombé de neige.
Ki no Tsurayuki