des maisons
ici
et là se tiennent
fenêtres ouvertes pourquoi
ne se demande
pas un seul
passant
est-ce que je ne saute
pas
dans la vie
des espaces
Eva-Maria Berg
Gerd Luwig
Les points de repères pour l’écriture
des maisons
ici
et là se tiennent
fenêtres ouvertes pourquoi
ne se demande
pas un seul
passant
est-ce que je ne saute
pas
dans la vie
des espaces
Eva-Maria Berg
Gerd Luwig
Tu l’as laissée
rider par le vent
qui ensable.
Montagne désormais dans le pré.
Parfois
le vent s’ébruite
à son propos. Il ne sourd
que pour toi.
(On ne dit qu’au matin les pêchers d’avril
pleurent des étincelles de froid.
Il se peut.
Danièle Faugeras
des ailes défiant les secondes
volent dans mon jardin
pour le doux nectar
et l’air vif
du chèvrefeuille taillé
lune basse et hautaine
de ce dernier jour d’août
première personne, singulier –
un amour non partagé
Elis Podnar
Viet Ha Tran
.
Embusquées à l’angle de l’aube
l’anxiété de ne pas te hisser
à hauteur de poème
la tentation du repli
du lâche renoncement
Par effraction
la lumière s’insinue
au travers des persiennes
le crayon du soleil
déjà entre tes doigts
S’accorder
à la croissance de la clarté
sa vigueur intacte
avec les roses
te livrer au matin innocent
Sans jamais ignorer ni taire
l’intarissable rumeur du monde
appels vociférations détresses et agonies
poésie debout
sentinelle
.
Colette Nys-Mazure
Charlie Bobo
.
« J’ai compris que, si je m’engageais pour la vie dans ce chemin qu’était l’écriture, il ne s’agirait pas seulement de “faire des livres”, l’un après l’autre, mais que ce serait une manière d’apprendre à vivre, à être, à aimer – pour le dire banalement, mais sincèrement : à devenir un meilleur être humain –
Hélène Dorion
.
n’explique rien
n’éclaire rien
ne renonce à rien
n’embrasse pas tout
n’exauce aucun espoir
.
elle ne fonde pas
de nouvelles règles du jeu
ne prend point part aux enchères
elle a un espace défini
qu’il lui faut remplir
.
si elle n’est point
discours ésotérique
si son langage manque d’originalité
si elle n’étonne point
c’est que c’est bien ainsi
.
elle obéit à sa nécessité propre
a ses propres possibilités
a ses propres limites
dans la partie en jeu
elle part perdante
.
elle ne supplante jamais une autre poésie
ne saurait être remplacée par une autre
ouverte à tout le monde
dépourvue de mystère
.
elle affronte des tâches mutiples
qu’elle n’accomplira jamais
.
Tadeusz Rozewicz
.
Il faut un obstacle nouveau pour un savoir nouveau. Veille périodiquement à te susciter des obstacles, obstacles pour lesquels tu vas devoir trouver une parade… et une nouvelle intelligence.
Henri Michaux (texte et image)
d’écrire des poèmes, disons,
n’est pas une histoire de réussite personnelle
cette surprise
Sur le chemin du travail
deux papillons blancs
& du trèfle le long des trottoirs
de demander
de vouloir en tirer autant.
Paul Blackburn
« Je crois que l’écriture ne peut se définir en termes de bonheur ou de malheur. Peut-être en une alternance de désespoir et de contentement. Quand j’ai terminé un texte, je me dis : voilà une bonne chose de faite. J’emploie cette expression banale dans son sens le plus fort, de véritable accomplissement. Une tâche aux contours incertains était devant moi, je suis allée vers elle, je l’ai prise à bras le corps et elle est achevée. Un objet est là, un texte, qui va aller vivre ou ne pas vivre, c’est selon le lecteur, la lectrice. »
Annie Ernaux – (extrait de « Le vrai lieu »)
Personne à qui pouvoir dire
que nous n’avons rien à dire
et que le rien que nous nous disons
continuellement
nous nous le disons
comme si nous ne nous disions rien
comme si personne ne nous disait
même pas nous
que nous n’avons rien à dire
personne
à qui pouvoir le dire
même pas à nous
Gherasim Luca