ce fil
mince de lumière
sur l’épaule du soir
le mur
s’empare de l’éclat
l’ombre cède
et sur l’envers
apparait
ce qui au jour
s’ouvre
en secret

Marchi
ce fil
mince de lumière
sur l’épaule du soir
le mur
s’empare de l’éclat
l’ombre cède
et sur l’envers
apparait
ce qui au jour
s’ouvre
en secret

Marchi
La fin du soleil rasoir
Le manteau d’arbres léopardés
Les lignes temporelles
Et
Un claquement de doigt.
Le village transpire
Les martinets nagent
S’étiole la compagnie.
Quand je suis devenue oiseau, je suis devenue martinet
Devant moi, vivait un peuple d’air aux sons bénéfiques
J’ai aimé disparaître, sortir du temps.
Marine Vassort
Clara Chichin et Sabatina Leccia
J’ai marché avec les navires
me suis tenue près des ponts
on m’a jetée à la rue
avec les feuilles tombées des ormes.
J’ai possédé un automne
un nuage de lumière
près d’une sombre cheminée
et un nom étrange
que personne n’a pu deviner.
Leah Goldberg
Newsha Tavakolian
au matin
les voix d’algue
bruissent
sous le verre du souvenir
bribes sans nom
sans contour
à demi effacées
comme si le rêve
sitôt défait du réel
s’acharnait à prolonger
la rumeur

Matthew Sprout
au seuil de pierre
sans but ni volonté
je m’écarte
comme si le cours des choses
m’était étranger
le soir tombe
l’œil rougit l’instant
j’écris
à voix basse des mots
pour penser

Fernand Desmoulin
Je t’avais
dit
que nous creuserions
le ciel
ensemble
nous regarderons nous
endormirons sur
les 3 grèves il y a
longtemps nous avions
vécu dans les musiques
des cités très loin
tendions les cordes
te voilà
j’ai attendu
que l’on ouvre
la grille.
Peut-être nos
bouches à ronces
n’avaient pas encore
bu.
Esther Tellermann
JK Lavin
le vent garde
dans sa paume
la chaleur des nuits d’été
je me tourne vers toi
épaule contre sol
quelque chose remue
c’est en-dessous
peut-être est-ce
la terre qui souffre
d’insomnie

Kathleen Meier
une arche
le vent
un ciel menaçant
le ciel se penche
l’arche se fissure
et de l’ombre
surgit un regard rieur
presque insolent
après
je ne peux ni aller
ni venir
mes os claquent
dans un silence de mort
j’attends –
la vie est un rêve
dont je n’ai jamais
pris soin

SMITH
ces oiseaux
qui tournent
sans fin
dans l’arrière-cour
de la maison à deux –
avec leurs ailes
chaque fois
un peu plus lourdes
et ces cris
dedans
jetés au vide

Daisuke Yokot
Je ferme à demi les yeux
je tends une main
et je divise
d’un coté
il y a l’empire
de la fenêtre
de l’autre
l’empire
de la porte
de même le pape
après la découverte
de l’Amérique
a partagé le continent
entre Espagnols
et Portugais
mais je ne suis pas
le pape
je suis
qu’un pauvre type qui est seul
et regarde.
Alberto Moravia
Jean Munoz