Tomas Tranströmer

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Las de tous ceux qui viennent avec des mots, des mots, mais pas de langage,

je partis pour l’île recouverte de neige.

L’indomptable n’a pas de mots.

Ses pages blanches s’étalent dans tous les sens !

Je tombe sur les traces de pattes d’un cerf dans la neige.

Pas des mots, mais un langage.

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Image http://tomastranstromer.net/

Terres froides

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si infime

paraît

ce corps

quand il erre

dans l’épaisseur

du songe

enchâssé

dans son siège

il respire

bouche bée –

fleur

parmi les fleurs

de l’autre

vallée

Un ravissant cimetière

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Ah, moite comme ce soir de printemps

Errant dans son élégant kimono carmin, c’est elle!

Douce comme une sœur, c’est elle!

Ni la lune sur le cimetière ni le phosphore ni l’ombre ni la vérité

Et quelle tristesse !

Ainsi ma vie et mon corps s’en vont pourrissant

Et dans le paysage vague du Néant

Ravissants visqueusement penchent !

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Sakutaro Hagiwara

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Georges Perros

Ce que je nomme poésie, c’est une occasion d’aller, de passer par là où je n’aurai pas dû, pu me fourvoyer sans elle. La poésie m’entraine à l’improviste. A partir d’une décision qui m’a pris, mon langage risque de perdre sa situation quasiment sociale, pour se risquer dans des régions où il ignore tout et particulièrement la langue. Où il va devoir se débrouiller seul.

Image http://www.espritsnomades.com/sitelitterature/perros/perros.html