plus en avant
sous les platanes
une ombre assise sur une souche rouillée
il pleut
huit années ont passé sans sans qu’
une feuille tombe
je fais un pas
mais à l’égal du mien
ce visage osseux avec
ses lèvres fines
http://www.fondation-giacometti.fr/

plus en avant
sous les platanes
une ombre assise sur une souche rouillée
il pleut
huit années ont passé sans sans qu’
une feuille tombe
je fais un pas
mais à l’égal du mien
ce visage osseux avec
ses lèvres fines
http://www.fondation-giacometti.fr/

Demandez au vent
quelle feuille tombera
la première.
Soseki
« Lorsque j’écris avec ma machine, je produis des caractères bidimensionnels, un a, un b ou un c par exemple. Ils sont plats mais je les perçois pourtant comme tridimensionnels, comme une sculpture que je peux toucher. Quand on compose un mot sur une page blanche, je considère que c’est comme travailler à une sculpture, comme malaxer de la glaise ou travailler du marbre. Dans les mots et dans les phrases, il y a un attrait esthétique qui n’a strictement rien à voir avec le sens. » – Don Delillo
–
http://www.lesinrocks.com/2010/08/26/livres/don-delillo-je-nen-sais-pas-plus-que-le-lecteur-1126560/
–
Les arbres morts sont là, fous, figés dans un désordre fixe, tellement, que le vent ne veut plus d’eux. ils sont entiers martyrs, ils sont noirs, du sang noir des arbres tués par le feu.
Marguerite Duras – in « Écrire »
–
Fleur sans fleur
Brume sans brume
Venant à la mi-nuit
Partant au petit jour
Arrivant comme un songe de printemps hors saison
S’en allant comme une nuée du matin
Sans chercher à s’établir.
Po Chu I
–
http://angelina-nove.tumblr.com/post/132010726864/angelina-nove-soleil-du-soir
Ces menus poissons blancs sont tristes.
Et vraiment leurs prunelles noires
Leurs prunelles sont délicates !
Déjeunant dehors
Indifférente
Et mélancolique
Pourquoi écouterais-je les oiseaux ? Ils ne font que chanter.
Seisei Murô
–
http://www.artbrut.ch/fr/21004/1042-1/auteurs/fusco–sylvain
Quel est celui de nous qui n’a pas, dans ses jours d’ambition, rêvé le miracle d’une prose poétique, musicale sans rythme et sans rime, assez souple et assez heurtée pour s’adapter aux mouvements lyriques de l’âme, aux ondulations de la rêverie, aux soubresauts de la conscience.
C’est surtout de la fréquentation des villes énormes, c’est du croisement de leurs innombrables rapports que naît cet idéal obsédant. Vous-même, mon cher ami, n’avez-vous pas tenté de traduire en une chanson le cri strident du Vitrier, et d’exprimer dans une prose lyrique toutes les désolantes suggestions que ce cri envoie jusqu’aux mansardes, à travers les plus hautes brumes de la rue ?
Charles Baudelaire / Préface de Le Spleen de Paris
Ondée sur les feuilles
le vent la balayant
je ne dirais pas non
à une saison éternelle
le goût de toi sur mes lèvres
Janick Belleau
–
http://www.oai13.com/webphoto/le-jour-ou-raymond-depardon-a-sauve-la-web-photographie/
le souffle
du bandonéon
et aussitôt
le pas de deux
les corps s’entrecroisent
les pieds se heurtent
on perçoit
à l’étage
les éclats de voix
les mots jetés
au visage
ces motifs
qui se répètent
à l’infini

Miro