.
cette volute
dans l’azur immobile –
un ange
peut-être
du bout des lèvres
ou quelques cristaux
jetés là
pour meubler l’éther

Perrine Lievens
.
cette volute
dans l’azur immobile –
un ange
peut-être
du bout des lèvres
ou quelques cristaux
jetés là
pour meubler l’éther

Perrine Lievens
de ce que
l’hier savait –
les saisons
les murs
la lumière qui fige
au fond de la pièce
il ne reste
que le fauteuil
et la table
d’où je t’écris
et dans ce silence
qui a tout vu
je vois
ton absence
comme une voix
jamais
qui ne se tait

Chase Middelton
.
souvent tu navigues à vue
dans l’éclatante ascèse
des solitudes
.
vers quel amer
qu’il suffirait de dire
pour le croire
.
de se rappeler
de l’arbre juste
du juste qu’on enlaçait
.
Adeline Baldachino
Chase C. Middelton
.
n’explique rien
n’éclaire rien
ne renonce à rien
n’embrasse pas tout
n’exauce aucun espoir
.
elle ne fonde pas
de nouvelles règles du jeu
ne prend point part aux enchères
elle a un espace défini
qu’il lui faut remplir
.
si elle n’est point
discours ésotérique
si son langage manque d’originalité
si elle n’étonne point
c’est que c’est bien ainsi
.
elle obéit à sa nécessité propre
a ses propres possibilités
a ses propres limites
dans la partie en jeu
elle part perdante
.
elle ne supplante jamais une autre poésie
ne saurait être remplacée par une autre
ouverte à tout le monde
dépourvue de mystère
.
elle affronte des tâches mutiples
qu’elle n’accomplira jamais
.
Tadeusz Rozewicz
.
Dormeur solitaire
Je ne rêve rien
Qu’on ne puisse rêver
Je vois la nuit en face
sans me voir
quant à vous vous troublez
ça et le miroir
entre les vieux nuages
ainsi je ne suis seul qu’avec vous
et ma propre absence
prête à être écrite
.
Christophe Mahy
Hanna Putz
l’aurai-je
inventé
ce rivage
au feu du couchant
cet oiseau
à l’encre noire
qui danse
seul
dans les nuages
ou est-ce
un pli de lumière
ouvert
aux quatre vents

Stéphan Vanfletren
.
il n’y a
dans la véranda
que la table où nous sommes où nous ne sommes
pas
quelque chose
n’est plus moi quand j’écris mais je t’écris encore
.
Eric Sautou
Fergus Padel
.
Pas un rayon encore,
le vert sèvère des feuillages,
l’étendue du ciel pâle
et presque rien ne bouge
ni se fait entendre,
nous avons franchi la porte,
tiré les chaises et la table
devant ce paysage de l’aube
au sortir d’une nuit incertaine.
.
Paul de Roux
Zao Wou-ki
ce visage
à grands traits
qui revient
le soir
c’est juste
un souffle
une ombre
un aplat à peine
éclairé
et si je tends la main
pour toucher
sa fragile matière
il s’efface
avant que je puisse
l’appeler

Joseph Hofer
.