Sortilège
incassable
est le récit
où je m’enferme
chaque soir
un peu plus
pluie
poussière
ce fil de lumière
quelques mots
juste assez
pour que nos yeux
dans l’eau
se troublent
sans se perdre

Jason Decaires
Sortilège
incassable
est le récit
où je m’enferme
chaque soir
un peu plus
pluie
poussière
ce fil de lumière
quelques mots
juste assez
pour que nos yeux
dans l’eau
se troublent
sans se perdre

Jason Decaires
: qu’adviendra-t-il de l’espace
qui m’appartient quand
je n’y serai plus ?
dans l’ombre.
sur le dos.
je me souviens.
je veux oublier.
je ne suis pas plus vieille
que je ne le fus jamais : détail de mon visage
dans le miroir gravé par mes ongles :
écouter dans l’ombre.
avec quelle peine
mon cœur bat.
Mila Haugová
Emmanuelle Becker
ton visage
se détourne vers un rang
de pierres desséchées
juste en dessus
la lenteur rousse boit
la lumière du soir
je te parle – encore des mots
sans adresse
ni poids
comme si les ronces étaient
la seule conscience
du jardin

Michel Dheurle
ce fil
mince de lumière
sur l’épaule du soir
le mur
s’empare de l’éclat
l’ombre cède
et sur l’envers
apparait
ce qui au jour
s’ouvre
en secret

Marchi
La fin du soleil rasoir
Le manteau d’arbres léopardés
Les lignes temporelles
Et
Un claquement de doigt.
Le village transpire
Les martinets nagent
S’étiole la compagnie.
Quand je suis devenue oiseau, je suis devenue martinet
Devant moi, vivait un peuple d’air aux sons bénéfiques
J’ai aimé disparaître, sortir du temps.
Marine Vassort
Clara Chichin et Sabatina Leccia
au matin
les voix d’algue
bruissent
sous le verre du souvenir
bribes sans nom
sans contour
à demi effacées
comme si le rêve
sitôt défait du réel
s’acharnait à prolonger
la rumeur

Matthew Sprout
au seuil de pierre
sans but ni volonté
je m’écarte
comme si le cours des choses
m’était étranger
le soir tombe
l’œil rougit l’instant
j’écris
à voix basse des mots
pour penser

Fernand Desmoulin
Je t’avais
dit
que nous creuserions
le ciel
ensemble
nous regarderons nous
endormirons sur
les 3 grèves il y a
longtemps nous avions
vécu dans les musiques
des cités très loin
tendions les cordes
te voilà
j’ai attendu
que l’on ouvre
la grille.
Peut-être nos
bouches à ronces
n’avaient pas encore
bu.
Esther Tellermann
JK Lavin
le vent garde
dans sa paume
la chaleur des nuits d’été
je me tourne vers toi
épaule contre sol
quelque chose remue
c’est en-dessous
peut-être est-ce
la terre qui souffre
d’insomnie

Kathleen Meier
une arche
le vent
un ciel menaçant
le ciel se penche
l’arche se fissure
et de l’ombre
surgit un regard rieur
presque insolent
après
je ne peux ni aller
ni venir
mes os claquent
dans un silence de mort
j’attends –
la vie est un rêve
dont je n’ai jamais
pris soin

SMITH