La chose – 6



la main sur la rampe

l’escalier qui plonge

dans la rue

les visages

les voix

la lumière du jour

ce que la main effleure

ou le matin entrouvre

tout cela –

vois-tu

ce n’est pas une vie


Gaétan Chambon

(de) Epiphanies de l’ange


Et pour toute la vie

obsédant d’un non

qu’on a dit, l’aube inconnue

d’une autre absence et toujours

ce souffle intérieur, qui ronge

les os plus encore que n’importe quel

tourment, dans le vide de ton

nom, lente langueur


Roberto Veracini

Alice Attie

(de) Allegretto Quieto


Enfermé tout l’hiver

Mon jardin est revenu

Dans sa jarre j’ai trouvé

Le visage des fleurs

Elles sont l’âme du oui

Que nos corps aiment.


Véronique Wautier

Julia Tatarchenko

La chose – 5


mémoire

d’une forme

qui ne doit rien

au regard

nos ombres

si légères

qu’un souffle

pourrait les verser

en arrière

Markus Akesson

La chose – 4


l’or du matin

dissipe les visages

de la nuit

je reviens

vers ce qui tremble

la main

pour appui

le souffle

encore tiède

je bois le silence

jusqu’au vertige

Franciam Charlot

* Haruki Murakami

(de) Jardins des vertiges


Pourquoi rien

Pourquoi quelque chose

Pour qui ces arbres


Et les mots

pourquoi les assembler

pourquoi pas


Les fleurs attendent

le bouquet


Et le sexe attend

le lever d’une aube


Laisse mon souffle devenir

le verbe de l’attente


Claudine Bertrand

Massimo Leardin

La chose – 3



le jour d’avant

le jour d’après

tout se confond

maintenant

nous sommes

dans l’entre-deux

de façades incertaines

tu dis en riant –

ce sont les pieds

qui décident du froid

à porter

Dwight Mackintosh

La chose – 2



un visage

sans poids


la peau

traversée

de lumière


ces ailes

que tu ouvres

dans le vent


le jour

qui vient

tout emporter

Josef Hofer

Trois haïkus


J’ai aiguisé les lames

Mon regard, à mon insu,

guette les fleurs.


Un parapluie noir

A côté du porte-parapluie

Anniversaire de la réédition


Clair de lune d’hiver

Nous nous couchons

comme un frère ainé avec sa petite sœur.


Amari Oki

Christian Michael Filardo

(de) L’herbe qui tremble

Flous dans l’ombre

du demi-jour

feuillages roux et clochers

forêts flétries

me poussent au voyage

Je sais déjà

que l’automne sera long

où j’écouterai la nuit me parler

d’éternel retour.


Christophe Mahy

André Lichtenberg