dans le repli
du jour
entre deux gestes
là où les choses
parfois
s’égarent
le ciel se tait
le bleu est indifférent
nos mains se trouvent –
soudain
tout est vrai

Sophie Alyz
des bris de ciel
ça et là
sur un sentier rentré –
l’eau attend
avant de s’infiltrer
je marche sur le côté
au-dessus les arbres
s’ébrouent
la lumière les traverse
leurs feuilles tremblent encore
dans le vent

Sara Silk
Mosaïque des champs de maïs
les épis poussent dorés par la lumière
Dans l’escalier
ses pas réveillent les flamboyants
Cœur de feu,
pétales couchés par le soleil
Le sang monte des talons
jusqu’à la fleur des cheveux
Alberto Blanco
François Baron Renouard
un jour
ordinaire
quelques pensées
flottent
à la lisière
sans savoir où
se poser
à voix basse
j’écris –
avec ou sans moi
la terre
continue de voyager

Trent Parke
je reviens
là où quelque chose
cherche à naitre
j’y reste
longtemps
sans rien faire
dans la blancheur
du silence
mon corps se replie
sur lui-même
jusqu’à ce mot
que mes yeux seuls
n’auraient pu
reconnaître

Il y a longtemps
nous fumes
avec la chevelure
et le serpent.
Nous avions inventé
des fables
superposé
les promesses
célébré l’alliance
voulu peindre
l’encre et le rose
Esther Tellerman
Dominique Cahier
à force
de marcher
le pas s’ajuste
à la lumière
il devient plus léger
comme si le corps –
avant le chemin
avant les pierres
savait où il allait

Grade Salomon
Espace. Grande attente.
Nul ne vient. Cette ombre.
Lui donner comme ils font tous :
des significations sombres,
non effarées.
Espace. Silence ardent.
Que se donnent-elles entre elles les ombres ?
Alejandra Pizarnik
Trent Parke
Profond dans la
roche qui
fossilise –
plus là –
le vent continue de bouger,
les orignaux poursuivent leur chemin,
les oiseaux atterrissent, et s’en vont –
nuages, brouillard, jours ensoleillés –
tout s’enfonce lentement
dans la pierre –
vient le jour et nous avons disparu
(plus visibles –
– plus durs et plus bas –)
Gary Lawless
Florence Monmare