Ce soir
La nuit est bleue
Avec un parfum de girofle
Sous la pierre lente et chaude
Tu vas et viens
De ton cœur
Au jardin
Et le pouls des planètes
Pourrait cesser de battre
Sans que la peur
Ne soit nommée
Dans la douceur des choses.
Hélène Cadou
Ce soir
La nuit est bleue
Avec un parfum de girofle
Sous la pierre lente et chaude
Tu vas et viens
De ton cœur
Au jardin
Et le pouls des planètes
Pourrait cesser de battre
Sans que la peur
Ne soit nommée
Dans la douceur des choses.
Hélène Cadou
j’entrouvre le rideau
dans le ventre céleste
où nos sangs d’humains se mêlent
je marche vers la cuisine
toujours ce même rêve
d’embrasser l’insatiable sans y perdre le vent
et je pense à la mer
étendue et ouverte
sauvage et pleine d’ombre
(texte et image)
Si pure
la lumière
éclabousse le monde
M’y fondre
serait vivre
enfin
dans la beauté du rien.
Colette GIBELIN
Alejandra Laviada
Le soir d’hiver choit dans les ruelles
Parmi des relents de grillade.
Il est six heures.
Les mégots de jours enfumés.
Voici que l’averse en bourrasque
A nos pieds plaque
Des bribes de feuilles souillées
Et de vieux journaux arrachés
Aux terrains vagues ;
Contre les jalousies brisées
Et les tuiles des cheminées
L’averse bat ;
Un cheval de fiacre esseulé
Au coin de la rue piaffe et fume.
Puis les réverbères s’allument.
Thomas Stearns Eliot
Tombés plus bas que la nuit, mais un seul non
pour eux deux ; et le souffle du vent sur la terre
dure où s’est enfoncée leur maison.
Tout ce qui chante est entré dans leur sang, en
arracha la nuit et cette nuit d’outre noir a fait
monde qui les éloigne,
et les unit avec la mémoire d’un cœur qui se ferme
dans l’amour.
Joe Bousquet
« Plus j’aboutis à quelque chose d’éloigné de mon point de départ, plus je me dis que ça valait le coup d’y aller. Il y a ceux qui tiennent à faire ce qu’ils ont voulu faire, et ceux qui espèrent faire quelque chose qu’ils n’avaient pas voulu faire. Que ce soit en écrivant de livres ou des films, tout le processus pour moi, est d’attendre de l’inattendu, d’espérer de l’inespéré. » Emmanuel Carrère
Un même pan ferme le coin
Où l’air libre s’étend
Autour la corde glisse
Et l’eau monte
La pluie descend
Un homme tombe de fatigue
C’est le même qui tend sa main
On saute le mur du jardin
Le ciel est plus bas
Le jour baisse
La route court
Et le vent cesse
On pourrait croire qu’il est arrivé quelque chose
Mais rien
Pierre Reverdy (de Pierres blanches)