quelqu’un
peut-être toi
ramasse la flèche
et la porte à ses lèvres
elle y trouve
un gout de chaleur
humaine
un visage
dont elle veut
apprendre le nom

Jack Davidson
à l’endroit
même où était
la maison
il ne reste presque
rien
j’ai laissé la fenêtre
ouverte
le vent est entré
j’ai laissé faire
les murs se sont envolés
le toit
la lumière
il ne reste
que le fauteuil et la table
où j’écris

Chase Middelton
dans le fatras
obscur –
es-tu
seulement couchée ?
veille l’oiseau de proie
je prends ce silence
pour le mien –
dit l’oiseau
cherchons alors
ce qui manque
entre deux respirations

Marie Bouttier
de ma place
je vois
sur la table
l’homme qui marche
et une verseuse pleine
d’un noir café
aussi ces oiseaux
gonflables
accrochés aux branches
ces yeux – les tiens
qui fuient par
le côté
la grille est ouverte –
peut-être
est-ce la veille
ou le jour d’après
Egon Schiele
Ce texte a été publié en février 2026 dans la revue Sens n°2 éditée par l’association les doigts bleus
ces visages
silencieux
à qui la nuit parfois prête vie
ils entrent sans bruit
prennent place dans la chambre
je sens leur regard percer
dans l’obscurité
ils n’ont
sans doute rien oublié
d’autres fois
ce sont des corps qui arrivent
entiers
ils passent
avec une part d’eux
qui appelle la mienne
je n’ose
les appeler de peur de les voir
se retourner

James Reddinton