quelqu’un
peut-être toi
ramasse la flèche
et la porte à ses lèvres
elle y trouve
un gout de chaleur
humaine
un visage
dont elle veut
apprendre le nom

Jack Davidson
de la saison
qui s’achève
il ne reste
que le fauteuil
et la table
d’où je t’écris
ton absence
est une voix
qui jamais
ne se tait

Chase Middelton
dans le fatras
obscur –
es-tu
seulement couchée ?
veille
un oiseau de proie
la nuit imbibe
la distance
le silence –
buvard de mon cri
est couché
dans le lit

Marie Bouttier
de ma place
je vois
sur la table
l’homme qui marche
et la verseuse pleine
d’un café noir
aussi ces oiseaux
gonflables
accrochés aux branches
des yeux – les tiens
qui fuient par
le côté
la grille est ouverte –
peut-être
est-ce la veille
ou le jour d’après
Egon Schiele
Ce texte a été publié en février 2026 dans la revue Sens n°2 éditée par l’association les doigts bleus