Vers les abysses

 

avant

l’endroit grouillait

de ces femmes-poissons

que les marins disent sirènes

 

il y avait des épaves pleines

de mauvais or

 

on y entendait

des chants peints de joie

et d’ivresse

 

la lumière semblait proche

tv5

 Trent Park

la Reyssouze

 

le nom de celui

qui met sa fierté à

marcher

sur l’eau fraiche

à demi-nu

les cheveux baignés de soleil

ses pieds brillent

comme des tessons de lune

et il se rit des voix

qui l’appellent

 

Jacques Bonenfant

Samir Tladi

Une vie comme ça

 

l’espace

empli d’une lumière

allusive

des herbes éternelles et

des cailloux repris

à la rivière.

Le sol jonché

de pareils résidus et

rien d’autre

 

si

le soir

cette enfant qui colle

son nez à la vitre avant d’établir

le néant

 

© Jacques Bonenfant

Maria Svatbova

 

 

De nulle part

 

d’où vient l’eau

qui coule sur ce visage ?

Et que dit la voix qui résonne

à mon oreille ?

Pour l’heure, mon corps pèse

aussi lourd que la pierre

et je cherche une accroche

au hasard de souvenirs.

Une lueur parmi les ombres

mortes.

 

Jacques Bonenfant

Image Takashi Shuji