la lumière
affleurant le mur
je me tourne
sur le côté
je cède
au silence
l’absence revient
je devais songer
pourtant
tout est là
sous mes yeux
intègre
presque entier –
même le poème
dans la chambre obscure
parait respirer

Jack Davison
la lumière
affleurant le mur
je me tourne
sur le côté
je cède
au silence
l’absence revient
je devais songer
pourtant
tout est là
sous mes yeux
intègre
presque entier –
même le poème
dans la chambre obscure
parait respirer

Jack Davison
le vent
laisse sur la peau
la trace
du jour dernier
assis là
je ne cherche rien
je te regarde
vivre
dans le silence des choses
je reprends la lenteur
oubliée

George Kamelakis
Simplement cette mare à l’odeur resserrée.
J’avance au bord des mots
jusqu’en ce petit corps à la narine large,
complice de la terre.
Voisine des racines,
la surface n’a rien du miroir.
Ce qui descend demeure.
Sabine Dewulf
Emeline Blanquet
le cœur
ne serre plus
il change de rive
il prend
la rumeur des branches
le vent clair
il entend
l’oiseau qui crie –
un passage existe

Bruno Fert
Où es-tu :
Qui ?
Sous la lampe, entourée de noir, je te dispose :
En deux dimensions
Du noir tombe
Sous les angles. comme une poussière :
Image sans épaisseur voix sans épaisseur
La terre
qui te frotte
Le monde
dont plus rien ne te sépare
Sous la lampe, dans la nuit, entoure de noir, contre la
porte.
Jacques Roubaud
Elsa et Johanna
le pas
posé
sans témoin
la main presque
ouverte
je n’oublie pas
la promesse
le jour
change d’appui
la terre
garde sous le pied
un chemin
l’attente cesse

Kile Thomson
un trait d’écume
se forme
sous nos pieds
un geste
sans mémoire
qui revient –
dis-tu
sans que le rivage
ne se lasse

Constantine Manos
Et le ciel parfois,
Qui submerge
L’oiseau.
Milène Tournier
Grant Harder