(de) Jardins des vertiges


Pourquoi rien

Pourquoi quelque chose

Pour qui ces arbres


Et les mots

pourquoi les assembler

pourquoi pas


Les fleurs attendent

le bouquet


Et le sexe attend

le lever d’une aube


Laisse mon souffle devenir

le verbe de l’attente


Claudine Bertrand

Massimo Leardin

La chose – 3



le jour d’avant

le jour d’après

tout est confondu

à présent


tu dis –


dans cet entre-deux

de façades incertaines

ce sont les pieds

qui décident du froid

qu’il fait


Dwight Mackintosh

La chose – 2



un visage

sans poids


la peau

traversée

de lumière


ces ailes

que tu ouvres

dans le vent


le jour

qui vient

tout emporter

Josef Hofer

Trois haïkus


J’ai aiguisé les lames

Mon regard, à mon insu,

guette les fleurs.


Un parapluie noir

A côté du porte-parapluie

Anniversaire de la réédition


Clair de lune d’hiver

Nous nous couchons

comme un frère ainé avec sa petite sœur.


Amari Oki

Christian Michael Filardo

(de) L’herbe qui tremble

Flous dans l’ombre

du demi-jour

feuillages roux et clochers

forêts flétries

me poussent au voyage

Je sais déjà

que l’automne sera long

où j’écouterai la nuit me parler

d’éternel retour.


Christophe Mahy

André Lichtenberg

La chose – 1



l’inconnu

ruisselant

dans l’éponge d’un drap

me demande ce que

je fais là

une ombre derrière lui

nue et inquiète

s’écarte

puis le songe

s’élargit jusqu’au lieu

où je t’aimais

autrefois

Ataa Oko

(de) Langue de chien



J’ai dû le dire,

j’entends et je le vois.

A cinq ou six faces

j’en perds mon crayon.

Non. Non, ne me dites pas que c’est

dans ma tête.

J’ai dû le dire,

il se meut et je me glisse en lui.

Non. Non pas sur terre, mais sous le jour,

à cinq ou six pattes.

Ne me dites pas que c’est dans ma tête

je ne vois qu’une chose –

je ne vois que lui.

Dominique Maurizi

Charlie Bobo

La chose


« Il n’y a que des mots justes

à trouver

pour épeler / appeler

la chose »


Danièle Faugéras

Aloise Corbaz

(de) Ecris la vie


ce bout de route

devant moi

plus proche de la nuit

la vraie

la véridique

je ralentis le pas

je fais semblant

d’admirer le paysage

Ruse de vivant


Abdelatif Laâbi

Dolly Faibyshev