tandis que l’œil
s’enfonce
dans le reflet de l’après
plus étroit
plus pâle
le défaut de mots tient
la douleur debout –
il faudrait
que le vent porte au loin
la vie d’avant
avec tous ces visages
rieurs
à jamais figés
sous la neige

Will Hopper
La poésie en tranches
vitres claires
un oiseau –
échappée lente
dans le ciel tremblé
les branches nues
d’autres départs
en silence
comme si rien ne pesait
un couple passe
dans la lumière blanche
leurs rires
une lumière proche
ton visage – un instant
ta bouche
un mot inachevé
tout ce que novembre prend
sans rien retourner

Katya Kalyska
sur le chemin
de la noyeraie
j’implore
quelque chose
pour te retenir
ta voix s’efface déjà
bientôt
ce sera le visage
il y aura
un dernier regard
et juste après
la nuit tombera
