Circonstances – 7 la nuit rentre ses griffes tu sanglotes à peine je me tais la cendre reste tiède il y aura demain des sourires blancs et ce mensonge – aller comme si de rien n’était Alberto Burri
Circonstances – 5 le silence à présent suinte épais poisseux sans fond tu es là immobile effigie noire couverte de cendre je scrute dans l’ombre une fêlure mince – ce presque rien par où le mot pourrait renaitre Toshimitsu Imai
Circonstances – 4 dans l’ombre où tu te tords le monde vacille soudain je tends la main –trop tard un cri sauvage t’ouvre en deux le feu s’élance il te dévore les bras le cou le visage la langue tu craches des mots noirs incandescents et moi silencieux incapable je me retiens à ton nom Wols
Circonstances – 3 même le sol semble fléchir sous le poids de ce qui ne peut apparaître chaque souffle chaque geste -éclat dispersé dans l’ombre épaisse est une tentative à nouveau d’être mais toi – au bord du cri tu n’as ni mot ni phrase pour lever les brulures de l’au-delà Jean Dubuffet
Circonstances – 2 chaque soir un peu plus le pont s’étire sous tes pas après une entaille rouge ouvre le ciel tu entends – ou peut-être pas des voix qui appellent ton corps s’agite avant de rejoindre ceux sans visage que le feu entreprend Asger Jorn
Circonstances – 1 le réverbère froissant l’asphalte la nuit hésite à tomber je sens tes doigts serrer mon poignet tu dis – il faudrait voir au creux des visages ce que la lumière échoue à faire exister Jean Fautrier
Jusqu’où dénouer ? (8/8) assis sur une chaise immobile le verbe usé à force de rien – ce rien creux sans fond j’attends que le silence me caresse le crâne – aimer attendre ne sont qu’un seul geste de l’autre côté d’un mur une voix rit je ferme les yeux la femme que j’aime n’est pas ou n’a jamais été peut-être Tessa Traeger
Jusqu’où dénouer ? (7/8) maintenant je cherche un nom à rebours il flotte entre deux silences opaque comme un linge dans le vent la main écrit toujours – quelque chose du pardon cherche le passage Bertrand Delai
Jusqu’où dénouer ? (6/8) lla brûlure invisible c’est la langue des yeux blanche grêle plus forte que le cri ou l’avalanche de mots elle passe sans bruit reste sous la peau Erwin Olaf
Jusqu’où dénouer (5/8) l’œil silencieux son sein presque pierre dans l’à-coup collé à ma peau l’air – ni chaud ni froid juste là avec une main dans la lumière qui lui creuse le dos Diana Markosian