.
Je ne pouvais
plus dire
qui me veille
compte les clartés
qui épelle les
rêves et l’âme
qui
assourdit
les offenses
et les gris
qui encore
façonne
les surfaces.
.
Esther Tellerman
Tom Sandberg
collection de poèmes pris au hasard (ou presque)
.
Je ne pouvais
plus dire
qui me veille
compte les clartés
qui épelle les
rêves et l’âme
qui
assourdit
les offenses
et les gris
qui encore
façonne
les surfaces.
.
Esther Tellerman
Tom Sandberg
.
comme si
attisée
par un souffle
soulevée
d’abord nuée légère
nébuleuse qui monte voltige s’éparpille
retombe
noir pollen
indécis
ondulé de frissons
(j’imagine n’ayant vu)
.
Danièle Faugeras
Marcello Cammi
.
« Je te perdrai comme on perd un clair
jour de fête : — je le disais à l’ombre
que tu étais dans le vide de la pièce — attentive
ma mémoire te chercha en ces années
florissantes un nom, une apparence : pourtant,
tu te dissiperas, et ce sera toujours l’oubli
de nous dans le monde. »
Tu regardais le jour
évanoui dans le crépuscule, je parlais
de la paix infinie que le soir
étend sur les fleuves à la campagne.
.
Alphonso Gatto
Lauren Baker
.
Car, à cet instant, tu le pressens,
La réalité n’est pas achevée,
Pas encore construite, et demande à l’être comme l’est
Un fruit ouvert, dont on peut goûter la saveur, connaître
Le plaisir ; au fond, tout n’attend de toi
Qu’une seule chose : que tu lui livres en toi
Ce passage charnel
Vers sa plus intime légèreté, son être musical ;
.
Christian Monginot
Franck Creber
.
Comme une trace vérité
Un grand trou noir
L’autre
Une empreinte
Cendre
Jamais éteinte
Désir de paix
Sur un sol muet
Profondeur de l’oubli
Aimer
À perpétuité
.
Michèle Gautard
Gilles Daoust
.
on s’interroge n’est-ce pas suffisant d’être là parmi tout ce qui s’offre sans fin
se sentant misérable
de n’en saisir
rien
n’est-ce pas suffisant d’être parmi les voix les corps de les toucher parfois d’être touché
et de sentir l’imperceptible
frémissement de
l’air
n’est-ce pas
suffisant
.
Christine Bloyet
Harold Feinstein
.
Ces cordages faits pour retenir les bateaux de rejoindre le vent et de s’y perdre.
La mer est toujours surveillée, vérifiée.
Dès fois qu’elle ne voudrait plus vivre.
Comme il y a des gens qui ne veulent plus partir mais seulement rester là, à vivre dans l’immobilité du temps.
.
Marguerite Duras
Hélène Bamberger
.
Je voulais savoir
qui
Tu
es. Ma nuit, c’est que jamais je
.
n’ai vu
qui
tu étais. Tu as disparu quand je t’ai demandé
pour la troisième
.
fois.
Je voulais que tu
dessines
un soleil
.
Jan Erik Vold
Tom Sandberg
.
Il y a un cimetière
ma main qui grince
sur le portail il y a
une tellement véritable allée
mes pieds sur le gravier
j’avance les fleurs sont
je me penche fatalement
jaunes où tu demeures
.
Chantal Ravel
Ni Tanjung
.
« Comme poète, il me semble qu’on est toujours en danger de répétition. De piétinement. Avec le temps, on arrive à se créer un langage, un univers, un style, quelque chose de précieux avec lequel on se sent à l’aise et qu’on devrait pouvoir pousser toujours plus loin, transformer à sa guise. Or, je n’ai jamais été sûre d’avoir cette aptitude naturelle pour la métamorphose » – Denise Désautels