(de) Epiphanies de l’ange


Et pour toute la vie

obsédant d’un non

qu’on a dit, l’aube inconnue

d’une autre absence et toujours

ce souffle intérieur, qui ronge

les os plus encore que n’importe quel

tourment, dans le vide de ton

nom, lente langueur


Roberto Veracini

Alice Attie

(de) Allegretto Quieto


Enfermé tout l’hiver

Mon jardin est revenu

Dans sa jarre j’ai trouvé

Le visage des fleurs

Elles sont l’âme du oui

Que nos corps aiment.


Véronique Wautier

Julia Tatarchenko

(de) Dans la splendeur de la nuit


Je me demande quel

lien existe-t-il entre le

poète Li Po et le cobra ?

Plus mystérieux encore

est ce rapport étrange

avec le chiffre 5.



Si j’avais

tout

compris

ça ne

serait pas de la

poésie


Dany Laferrière

(de) Jardins des vertiges


Pourquoi rien

Pourquoi quelque chose

Pour qui ces arbres


Et les mots

pourquoi les assembler

pourquoi pas


Les fleurs attendent

le bouquet


Et le sexe attend

le lever d’une aube


Laisse mon souffle devenir

le verbe de l’attente


Claudine Bertrand

Massimo Leardin

Trois haïkus


J’ai aiguisé les lames

Mon regard, à mon insu,

guette les fleurs.


Un parapluie noir

A côté du porte-parapluie

Anniversaire de la réédition


Clair de lune d’hiver

Nous nous couchons

comme un frère ainé avec sa petite sœur.


Amari Oki

Christian Michael Filardo

(de) L’herbe qui tremble

Flous dans l’ombre

du demi-jour

feuillages roux et clochers

forêts flétries

me poussent au voyage

Je sais déjà

que l’automne sera long

où j’écouterai la nuit me parler

d’éternel retour.


Christophe Mahy

André Lichtenberg

(de) Langue de chien



J’ai dû le dire,

j’entends et je le vois.

A cinq ou six faces

j’en perds mon crayon.

Non. Non, ne me dites pas que c’est

dans ma tête.

J’ai dû le dire,

il se meut et je me glisse en lui.

Non. Non pas sur terre, mais sous le jour,

à cinq ou six pattes.

Ne me dites pas que c’est dans ma tête

je ne vois qu’une chose –

je ne vois que lui.

Dominique Maurizi

Charlie Bobo

(de) Ecris la vie


ce bout de route

devant moi

plus proche de la nuit

la vraie

la véridique

je ralentis le pas

je fais semblant

d’admirer le paysage

Ruse de vivant


Abdelatif Laâbi

Dolly Faibyshev

(de) Trajet d’une voix


Parfois la distance se réduit

à si peu

à presque rien

entre la réalité

et le miroir.

La métaphore est épuisée.

On a lissé la mer


Béatrice Giraud

Sejkko