(de) La mer écrite

.

Ces cordages faits pour retenir les bateaux de rejoindre le vent et de s’y perdre.

La mer est toujours surveillée, vérifiée.

Dès fois qu’elle ne voudrait plus vivre.

Comme il y a des gens qui ne veulent plus partir mais seulement rester là, à vivre dans l’immobilité du temps.

.

Marguerite Duras

Hélène Bamberger

Un soleil

.

Je voulais savoir

qui

Tu

es. Ma nuit, c’est que jamais je

.

n’ai vu

qui

tu étais. Tu as disparu quand je t’ai demandé

pour la troisième

.

fois.

Je voulais que tu

dessines

un soleil

.

Jan Erik Vold

Tom Sandberg

(de) Jour des morts

.

Il y a un cimetière

ma main qui grince

sur le portail il y a

une tellement véritable allée

mes pieds sur le gravier

j’avance les fleurs sont

je me penche fatalement

jaunes où tu demeures

.

Chantal Ravel

Ni Tanjung

Denise Desautels

.

« Comme poète, il me semble qu’on est toujours en danger de répétition. De piétinement. Avec le temps, on arrive à se créer un langage, un univers, un style, quelque chose de précieux avec lequel on se sent à l’aise et qu’on devrait pouvoir pousser toujours plus loin, transformer à sa guise. Or, je n’ai jamais été sûre d’avoir cette aptitude naturelle pour la métamorphose » – Denise Désautels

(de) L’œil se scrute »

.

arrachés

à la grotte

.

coupés

de la terre

par la soif

.

de la main

par le doute

.

du verbe

par les mots

.

coupés

de nous-même

par l’œil

insatiable

.

tant de fois

orphelins

.

et nous

cherchons

la mère

.

Charles Juliet

Olivier Debré

(de) Le bruit des abeilles 

.

cela s’approche

fait frémir les buissons

où les oiseaux se taisent

.

cela vient de loin

.

si je n’étais pas encore née

ce serait un bruit d’eau

.

Cécile Guivarch

Erika Huffman

(de) Terre mentale

.

Je te cache

dans la pulsation.

.

Tu n’es plus.

Deux fois.

Noir

noir

entre les yeux

ne se détachait

de l’angle.

.

Esther Tellerman

Rosalind Fox Solomon

(de) De l’air

.

journée

le soir absorbe plus ou moins bien son poids

voilà tout

.

la mer n’aide pas on entend son bruit

de fond de mémoire sans cesse

sa lessive habituelle

.

continuer

pour quel plus loin d’air quel

espace encore à ouvrir

avec les dents les mains les mots

.

ne pas laisser comme c’est

.

Antoine Emaz

Francesco Roméro

(de) Journal du silence

.

Vendredi

Bureau, chaises et Mathilde en face.

Mathilde, 18 ans, intense inquiètante, sourcil noir épilé en une virgule arquée qui surmonte un regard brillant, fixe, étange. Un œil d’aigle. Il va falloir parler avec elle (Travailler avec les autres).

.

Avril Caumes

Ulrike Hannemann

(de) Poème de la confusion

.

vrac intérieur

un jour ordinaire

et son poids

utile

.

on fait ce qu’il faut

sans recul

le soir

on boit on dort

.

il n’y a pas d’erreur

c’est la vie

.

Antoine Emaz

Peter Riesett