on marche dans le jardin
il y a peu à dire
seulement voir la lumière
sur la haie de fusains
un reste de pluie brille
sur les feuilles de lierre
Antoine Emaz
Anthony MOREL
collection de poèmes pris au hasard (ou presque)
on marche dans le jardin
il y a peu à dire
seulement voir la lumière
sur la haie de fusains
un reste de pluie brille
sur les feuilles de lierre
Antoine Emaz
Anthony MOREL
Je ne savais pas que le fond
n’est pas noir
que le jour
n’est pas blanc
que la lumière est
aveugle
et que s’arrêter c’est courir
encore plus
Goliarda Sapienza
Ludwig Nikulski
y a-t-il encore, toujours, une enfance au-devant de nous ?
l’enfant peut-il guérir de la douleur d’aimer ?
il dessine une plaine qui s’évase et ravit au loin l’image d’une montagne
les pieds dans l’herbe bleue et l’eau froide fuyante
l’enfant rêve une errance
parfois les mots s’effondrent et le monde vacille
et la cité de verre, de fer, de béton, de fumées traverse et troue le corps de l’enfant déchiré
François Coudray
Claire Dias Lachèse
CES heures, sentiers noirs,
pendant lesquelles tu dors,
ces heures d’épines – tu dors,
tu dors – où, sentiers noirs,
sonnée, piquée, brûlée,
là –
j’entends tout.
Pendant ces heures où –
chardons sauvages
suis griffée, piquée
je me lève d’un bond,
sentiers boueux pendant que tu dors,
je crains, je cours –
j’entends Tout.
Dominique Maurizi
Jamie Campbell
J’ai commencé
à progresser
dans ce poème
passé / présent
présent / futur
nous ne pouvons pas
tresser
broder
tisser
le mouvement réfléchi de la musique
et ce qui arrive exclut
la broderie
je veux être connue par un langage
épais d’un millimètre à peine :
haleine sur le miroir
bouche ouverte de la pluie
Hanne Bramness
Susanna Majuri
C’est la vie qui vous fait mourir,
Ecriviez-vous dans ce poème où tout
Demeure à vif : le crépitement des trolleys,
La nuque de l’amante à son miroir
Et jusqu’à la jeune morte sur son lit,
Tellement sage qu’on ne sait plus
Si c’est le temps qui passe ou nous
Qui passons à travers lui, les mains vides,
Comme un train somnambule à travers
La campagne endormie – et le voyageur
Oublié dans le creux de ses bras
Est un lac au soleil de midi, un lac
Que rien ne trouble, pas même le reflet
Du corps penché qui tremble dans la vitre.
Guy Goffette
Thérèse O’keffe
je ne suis pas là non plus c’est vrai
alors je peux l’écrire
tu ne reviendras pas
je t’écris pour te dire à quel point enfin je sais
tu ne reviendras pas
Eric Sautou
Katrina Servoni
Et pour toute la vie
obsédant d’un non
qu’on a dit, l’aube inconnue
d’une autre absence et toujours
ce souffle intérieur, qui ronge
les os plus encore que n’importe quel
tourment, dans le vide de ton
nom, lente langueur
Roberto Veracini
Alice Attie
Enfermé tout l’hiver
Mon jardin est revenu
Dans sa jarre j’ai trouvé
Le visage des fleurs
Elles sont l’âme du oui
Que nos corps aiment.
Véronique Wautier
Julia Tatarchenko
Je me demande quel
lien existe-t-il entre le
poète Li Po et le cobra ?
Plus mystérieux encore
est ce rapport étrange
avec le chiffre 5.
Si j’avais
tout
compris
ça ne
serait pas de la
poésie
Dany Laferrière