Comme quand le paysage glisse
sous la
peau. Comme quand l’hiver s’installe
dans un
puits. Celui qui s’en va
regarder
dedans
y trouve le ciel, qui se change en
nuit.
Et une étoile
qui scintille
dans le ciel véritable.
Jan Erik Vold
collection de poèmes pris au hasard (ou presque)
Comme quand le paysage glisse
sous la
peau. Comme quand l’hiver s’installe
dans un
puits. Celui qui s’en va
regarder
dedans
y trouve le ciel, qui se change en
nuit.
Et une étoile
qui scintille
dans le ciel véritable.
Jan Erik Vold
Pas de rocaille
S’il y avait de la rocaille
Ainsi que de l’eau
Et de l’eau
Une source
Un étang parmi la rocaille
S’il y avait ne serait-ce que le bruit de l’eau
Pas la cigale
Et le chant de l’herbe sèche
Mais le bruit de l’eau sur la rocaille
Là où la grive-ermite chante parmi les pins
Plic ploc plic ploc ploc ploc ploc
Mais il n’y a pas d’eau
Thomas Stearns Eliot
Met en rang ses souvenirs
ils crient qu’ils n’ont jamais existé.
Met en rang les noms
ils battent ensemble comme des cuillers de bois.
Met en rang les visages et eux par bandes se délitent
mélangeant les ongles et les sons.
Parle avec l’air.
« Tu ne blesses pas » dit-elle,
mais l’air brûle et fauche – à ras – le passé.
Antonella Anedda
au temps
au regard
à la lumière
au jour déjà commencé,
qui devra prendre date
aux mots écrits pour ce jour-là.
à la lumière
soustraire au sens du fleuve,
au temps,
ce qu’il charrie,
ne pas le regarder couler
s’enfouir sous le vert gazon
qui borde ses rêves.
soustraire au cours ma propre voix
le monde à mes yeux
ce matin
au temps
au regard
à la lumière.
Lucie Taieb