(de) Aux Aresquiers


je ne suis pas là non plus c’est vrai

alors je peux l’écrire


tu ne reviendras pas


je t’écris pour te dire à quel point enfin je sais

tu ne reviendras pas


Eric Sautou

Katrina Servoni

La chose – 6



la main sur la rampe

l’escalier qui plonge

dans la rue

les visages

les voix

la lumière du jour

ce que la main effleure

ou le matin entrouvre

tout cela –

vois-tu

ce n’est pas une vie


Gaétan Chambon

(de) Epiphanies de l’ange


Et pour toute la vie

obsédant d’un non

qu’on a dit, l’aube inconnue

d’une autre absence et toujours

ce souffle intérieur, qui ronge

les os plus encore que n’importe quel

tourment, dans le vide de ton

nom, lente langueur


Roberto Veracini

Alice Attie

(de) Allegretto Quieto


Enfermé tout l’hiver

Mon jardin est revenu

Dans sa jarre j’ai trouvé

Le visage des fleurs

Elles sont l’âme du oui

Que nos corps aiment.


Véronique Wautier

Julia Tatarchenko

La chose – 5


mémoire

d’une forme

qui ne doit rien

au regard

nos ombres

si légères

qu’un souffle

pourrait les verser

en arrière

Markus Akesson

La chose – 4


l’or du matin

dissipe les visages

de la nuit

je reviens

vers ce qui tremble

la main

pour appui

le souffle

encore tiède

je bois le silence

jusqu’au vertige

Franciam Charlot

* Haruki Murakami

(de) Dans la splendeur de la nuit


Je me demande quel

lien existe-t-il entre le

poète Li Po et le cobra ?

Plus mystérieux encore

est ce rapport étrange

avec le chiffre 5.



Si j’avais

tout

compris

ça ne

serait pas de la

poésie


Dany Laferrière

(de) Jardins des vertiges


Pourquoi rien

Pourquoi quelque chose

Pour qui ces arbres


Et les mots

pourquoi les assembler

pourquoi pas


Les fleurs attendent

le bouquet


Et le sexe attend

le lever d’une aube


Laisse mon souffle devenir

le verbe de l’attente


Claudine Bertrand

Massimo Leardin

La chose – 3



le jour d’avant

le jour d’après

tout se confond

maintenant

nous sommes

dans l’entre-deux

de façades incertaines

tu dis en riant –

ce sont les pieds

qui décident du froid

à porter

Dwight Mackintosh

La chose – 2



un visage

sans poids


la peau

traversée

de lumière


ces ailes

que tu ouvres

dans le vent


le jour

qui vient

tout emporter

Josef Hofer