même
maison même
couloir même
chambre
avec un homme
à l’identique
sur le lit
nu
qui attend
un livre
à la main
et ce silence
autour de lui
plus vaste
que la pièce elle-même
dans l’attente
de l’autre corps

Ryan Molnar
même
maison même
couloir même
chambre
avec un homme
à l’identique
sur le lit
nu
qui attend
un livre
à la main
et ce silence
autour de lui
plus vaste
que la pièce elle-même
dans l’attente
de l’autre corps

Ryan Molnar
ce chat
noir et blanc
qui le soir
rôde
dans le jardin
je l’appelle
KAWAMURA
KAWAMURA
parle trois langues
il prépare le thé
cuisine – dit-on
la viande blanche
il sait rouler
des épaules
crache mieux qu’
un officier
ceci dit
comme il vit sans ami
le chat KAWAMURA ignore
qu’il vieillit

Ce retrait
où garder
la lumière d’hiver
et l’obscurité,
les mots très bas
rendus à la terre,
un chant qui reste
à reprendre.
La terre
Garde
arbres, chemins ;
à terre,
restent
brindilles
et lichen
où s’accroche
sur le tard
l’or peut-être
de la lumière.
Reste
une note juste
de lumière
dans un carnet
des chemins.
La nudité
ne s’oublie
pas.
Pas.
Jean Gabriel Cosculluela
Basso Cannarsa
Une fois pour toutes
Tu as nommé
Le monde où je dois vivre
Chaque chose
Est signe
Avant d’être chair
L’arbre le blé
La vigne
Le sang des terres
M’emporte
Tu fus ma naissance
En toi
Ma mort aura lieu
J’écoute
Venir ta vie
Hélène Cadou
Ana Vallejo
La voie tracée par les oiseaux
va d’une saison à l’autre
nous traversions des jardins
à contre-courant, vers l’enfance
les eaux claires
dans le bassin
nos jeux dispersaient
le cercle des pluies
fétu de paille, je savais brûler
quand toi, chêne d’hiver
accueillais la neige sur tes branches
Mes mains sur tes yeux clos
Là est le temple.
Cécile A. Holdban
Matthias Olmeta
des choses si simples
une chambre, un lit
quelqu’un qui dort
ou qui ne dort pas
une respiration de mots
jamais dits
entre les murs
qui abritent ailleurs
maintenant
Heather Dohollau
Gregory Crewdson
maintenant
les terrains vagues
et les oiseaux
te coulent sur la peau
si nombreux
si lourds
tu trébuches au coin
des prés
il y a bien trop de ciel
dans ton visage
trop peu de route
pour soulever la nuit
seul tu chancelles
et tout ce que tu voudrais dire
alors
n’est qu’un étourdissant
bruit d’aile
Germain Tramier
Fatma Haddad (Baya)