Refonte


Au pied

de ton immeuble,

des amas

de neige.


Au fond

de ton crâne,

des flocons

d’autres froids,


de purs cristaux de joie.


Maintenant,

tes yeux flambent,

collés à la fenêtre

et la neige fond

en chaque

lettre


du prochain poème à naitre


Morgan Riets

Herman Brood

Jusqu’où dénouer ? (8/8)

assis

sur une chaise

immobile

le verbe usé

à force de rien – ce rien creux

sans fond

j’attends

que le silence me caresse le crâne –

aimer attendre ne sont qu’un seul geste

de l’autre côté d’un mur

une voix rit

je ferme les yeux

la femme que j’aime

n’est pas

ou n’a jamais été

peut-être

Tessa Traeger

Jusqu’où dénouer ? (7/8)



maintenant

je cherche un nom

à rebours

il flotte

entre deux silences

opaque

comme un linge

dans le vent

la main écrit toujours –

quelque chose

du pardon

cherche le passage

Bertrand Delai

Vent et nuit


Heure de vent

nuit contre la nuit,

ici, dans ma nuit.


Le vent taureau

court, s’arrête, tourne,

va quelque part ?


vent sombre

dans les entrecroisements

se brise l’âme.


Comme moi-même,

accumulation colère

sans dénouement.


Où suis-je ?

Le vent vient et va ;

Ni ici, ni là.


Miroir Aveugle.


Octavio Paz

Trent Parke

Jusqu’où dénouer (5/8)


l’œil

silencieux

son sein

presque pierre

dans l’à-coup

collé à ma peau

l’air –

ni chaud ni froid

juste là

avec une main

dans la lumière qui lui creuse

le dos

Diana Markosian

(de) L’exil des renards


c’est danser qu’il faudrait

est-ce qu’on saura ?

est-ce qu’on saura

tomber un peu ?

laisser l’incertitude

remplir nos ventres

se tenir ne pas se tenir

entrer dans le vert

qui grandit derrière nous

mourir un peu et revenir

est-ce qu’on saura ?


Mira Wladir

Ana Vallejo

Jusqu’où dénouer (4/8)


j’ai couvert

les lèvres

la joue

le cou – cette blancheur fragile

d’un baume

pour que ça tienne

jusqu’au bout

ensuite

j’ai plié mes mains

les ai rangées

dans une région basse

où même la lumière ne peut

entrer

Diana Markossian

Jusqu’où dénouer ? (3/8)



tandis que l’œil

s’enfonce

dans le reflet de l’après

plus étroit

plus pâle

le défaut de mots tient

la douleur debout –

il faudrait

que le vent porte au loin

la vie d’avant

avec tous ces visages

rieurs

à jamais figés

sous la neige

Will Hopper

(de) Des falaises


jamais le cœur si grand

qu’en haut d’une falaise


la place pour qu’il s’étende

ouvre son ciel


plein soleil

plein vent


être à soi à l’autre

au monde


pleinement


Mélanie Leblanc

Bertrand Delai