le jour
par petites touches
revient sur le trottoir
les flaques
sont comme des pensées
sans poids
tu dis –
on efface
non pour oublier
mais pour faire place
et la terre
sous nos pas
bien après continue
l’ouvrage

Trent Parke
ce corps
tenu au silence
veut repartir
je l’ai senti
l’autre soir
dans l’éclat d’un geste
mal posé
rien d’autre
j’étais seul
à nu
sur la pointe des os
tout était là
le vide
l’effort d’y tenir
et cette lumière ouverte
dans les yeux
comme le cri d’un tissu
qu’on déchire

trente Park
Heure de vent
nuit contre la nuit,
ici, dans ma nuit.
Le vent taureau
court, s’arrête, tourne,
va quelque part ?
vent sombre
dans les entrecroisements
se brise l’âme.
Comme moi-même,
accumulation colère
sans dénouement.
Où suis-je ?
Le vent vient et va ;
Ni ici, ni là.
Miroir Aveugle.
Octavio Paz
Trent Parke