peut-être
n’es-tu
qu’une ombre passante
sans dû
ni promesse
un court instant
posé
sur un rêve d’eau
peut-être –
sans même le savoir
es-tu déjà
rendue
au jour qui attend
de renaitre
Francesca Woodman
Où es-tu :
Qui ?
Sous la lampe, entourée de noir, je te dispose :
En deux dimensions
Du noir tombe
Sous les angles. comme une poussière :
Image sans épaisseur voix sans épaisseur
La terre
qui te frotte
Le monde
dont plus rien ne te sépare
Sous la lampe, dans la nuit, entoure de noir, contre la
porte.
Jacques Roubaud
Elsa et Johanna
sur un chemin
peu frayé
je retrouve
l’endroit que j’ai cru
oublié
la lumière est retournée
mon pied hésite
reviennent
les odeurs
de terre
le grand arbre nu
le lit du ruisseau
qui ne chante pas l’été

Kile Thomson
un trait
d’écume se forme
à mes pieds
je le regarde
aller et venir
un court instant
le sable devient sombre
puis le clair revient
comme si
rien ne s’était passé

Constantine Manos
Et le ciel parfois,
Qui submerge
L’oiseau.
Milène Tournier
Grant Harder
Ça paraît mort
fait le mort
Une simple encoche
Voir si le camélia rouge
aux branches nues et sèches
est là-dessous
encore vert vivant sous
les cendres apparentes
Clélie Lecuelle
Yann Gaillot
nous dormons
sous mes paupières
nous marchons
sous les ailes du vent
nous effleurons
les buées d’automne
nous suivons
l’eau qui coule de tes mains
nous allons
plus loin que loin
nos yeux découvrent
la beauté du matin
