le souffle
apprend
à se tenir droit
c’est d’ailleurs
la seule chose
qui reste
le souffle
quand l’œil
ne rejoint plus
l’horizon

Will Hooper
le souffle
apprend
à se tenir droit
c’est d’ailleurs
la seule chose
qui reste
le souffle
quand l’œil
ne rejoint plus
l’horizon

Will Hooper
.
Je voulais savoir
qui
Tu
es. Ma nuit, c’est que jamais je
.
n’ai vu
qui
tu étais. Tu as disparu quand je t’ai demandé
pour la troisième
.
fois.
Je voulais que tu
dessines
un soleil
.
Jan Erik Vold
Tom Sandberg
tisse
la lumière
jusqu’au tourment
pour que le manque
devienne enfin
visible

Will Hooper
ma main
creuse
le désuni dans lequel
les mots sont englués
non pour le poème
mais
le soir tombe
et je ne m’entends
plus parler

Massimo Léardini
.
Il y a un cimetière
ma main qui grince
sur le portail il y a
une tellement véritable allée
mes pieds sur le gravier
j’avance les fleurs sont
je me penche fatalement
jaunes où tu demeures
.
Chantal Ravel
Ni Tanjung
je n’ai rien
à faire
sinon marcher
marcher
dans la poussière du je
marcher
dans les pas de
ce que j’ai crû être
marcher
pour marcher

Jessi Boyd-Reid
.
« Comme poète, il me semble qu’on est toujours en danger de répétition. De piétinement. Avec le temps, on arrive à se créer un langage, un univers, un style, quelque chose de précieux avec lequel on se sent à l’aise et qu’on devrait pouvoir pousser toujours plus loin, transformer à sa guise. Or, je n’ai jamais été sûre d’avoir cette aptitude naturelle pour la métamorphose » – Denise Désautels
.
arrachés
à la grotte
.
coupés
de la terre
par la soif
.
de la main
par le doute
.
du verbe
par les mots
.
coupés
de nous-même
par l’œil
insatiable
.
tant de fois
orphelins
.
et nous
cherchons
la mère
.
Charles Juliet
Olivier Debré
.
cela s’approche
fait frémir les buissons
où les oiseaux se taisent
.
cela vient de loin
.
si je n’étais pas encore née
ce serait un bruit d’eau
.
Cécile Guivarch
Erika Huffman
lla mort
n’existe pas
ou si peu –
sinon
les peupliers
iraient jusqu’au ciel
le soir pourrait pleurer
dans les branches
et nous
humains de nature
nous brûlerions
d’un seul souffle
tout ce qui est à
notre portée

Anonyme