KAWAMURA


ce chat

noir et blanc

qui le soir

rôde

dans le jardin

je l’appelle

KAWAMURA

KAWAMURA

parle trois langues

il prépare le thé

cuisine – dit-on

la viande blanche

il sait rouler

des épaules

crache mieux qu’

un officier

ceci dit

comme il vit sans ami

le chat KAWAMURA ignore

qu’il vieillit

Tension


J’appelle quelqu’un qui appelle

le pont est long et vide

Je cours vers la réconciliation

l’asphalte est violent les réverbères

qui s’écartent

et les rails enflés

qui traversent le cœur

J’appelle quelqu’un qui appelle

quelqu’un qui appelle…


Inger Christensen

Shin Noguchi

Sur place



je n’ai rien

à faire

sinon marcher

marcher

dans la poussière du je

marcher

dans les pas de

ce que j’ai crû être

marcher

pour marcher

Jessi Boyd-Reid

La joie du mot



l’aurai-je

à mon tour

inventé

ce rivage

au feu du couchant

ou cet oiseau

à l’encre noire

qui danse

contre le vent


Stéphan Vanfletren

Rue a disparu

sur le sentier

qui monte

aux arbres

le jour se retire

sans bruit

je vous cherche

je tends l’oreille

je murmure

votre nom

je vous suis

dans l’effacement

Mark Power

(de) La lampe sous le boisseau

.

Juillet

Le bord de mer est une ville

La foule essaie

De l’œil

De marcher sur les vagues

.

Une femme vend des beignets

.

Le soir

Quand personne n’aime plus

Personne

.

Un couple

Sans bouger

Va remplacer la mer

.

Philippe De Boissy

Martin Parr

(de) Poème de la cabane

.

Art et vie

saoul et sobre

vide et plein

culpabilité et grâce

cabane et domicile

nord et sud

lutte et paix

après quoi, nous entr’

apercevons les étoiles,

la fourrure blanche et scintillante

de la Voie Lactée,

entendons l’ours surpris se frayer bruyamment

un chemin dans le delta marécageux

au-dessous de moi

.

Jim Harrison

Andy Feltman