Bei


sur le clavier

des heures

une note

demeure à mon insu

elle éclaire

un endroit que le cœur

n’atteint pas

dehors

un merle appelle le jour

je vis –

sais-tu

comme si rien

ne manquait

Hajime Kimura

Muse – 12


la nuit

se déplie

et rend l’œil

à sa propre lumière

je n’ai rien

à vouloir de plus

je suis

le lent détour

du rêve

un visage me regarde –

c’est le tien

Jonathan Bertin

Muse / 11


dans le repli

du jour

entre deux gestes

là où les choses

parfois

s’égarent

le ciel se tait

le bleu est indifférent

nos mains se trouvent –

soudain

tout est vrai

Sophie Alyz

Muse / 9


peut-être

n’es-tu

qu’une ombre passante

sans dû

ni promesse

un court instant

posé

sur un rêve d’eau

peut-être –

sans même le savoir

es-tu déjà

rendue

au jour qui attend

de renaitre

Francesca Woodman

Muse / 4



la nuit

sculpte dans l’air

un être

de fugue et d’absence

je le vois naitre

par la fissure du sommeil

je croyais pourtant

que rien ne traverse

la blancheur

des rêves

Clarence Hudson White

Muse – 3



le jour

lentement respire

entre deux arbres

l’instant est là

nu

on dirait

que le monde s’y tient

tout entier

un mot

serait comme un souffle

sur la poussière

d’or

Maria-José Arjena

Muse / 2




tu arriveras

non du lieu

mais du soir

frémissante

l’instant sera

sans contour

rien ne sera dit –

le vent la poussière

même ces traces

dans le sable

tout cela sera

l’évidence

Veronique Van Hoorick

Muse / 1



quelqu’un

peut-être toi

ramasse la flèche

et la porte à ses lèvres

elle y trouve

un gout de chaleur

humaine

un visage

dont elle veut

apprendre le nom

Jack Davidson