un trait d’écume
se forme
sous nos pieds
un geste
sans mémoire
qui revient –
dis-tu
sans que le rivage
ne se lasse

Constantine Manos
un trait d’écume
se forme
sous nos pieds
un geste
sans mémoire
qui revient –
dis-tu
sans que le rivage
ne se lasse

Constantine Manos
Et le ciel parfois,
Qui submerge
L’oiseau.
Milène Tournier
Grant Harder
Ça paraît mort
fait le mort
Une simple encoche
Voir si le camélia rouge
aux branches nues et sèches
est là-dessous
encore vert vivant sous
les cendres apparentes
Clélie Lecuelle
Yann Gaillot
nous dormons
sous mes paupières
nous marchons
sous les ailes du vent
nous effleurons
les buées d’automne
nous suivons
l’eau qui coule de nos mains
nous allons
plus loin que loin
nos yeux découvrent
la beauté du matin

entendre
la rumeur des choses
sans ombre ni visage
tu dis –
le fond n’est jamais noir
il bruisse d’une clarté
que l’œil ne sait pas
nommer
tu dis –
le jour n’est jamais blanc
il porte en lui
le frémissement et le doute
tout y est mêlé
tu dis –
la pluie dans la poussière
le souffle dans la gorge
le sujet avant même que
la lumière soit levée

Nos souffles puisent à la source
qui précède la fièvre
soutenue par le bond de lumière
tu pousses la question
qui t’élève déjà vers la pointe des vagues
ton corps est le navire
le silence me berce encore
je cherche son assise
dans la rumeur inquiète
repasse mes contours sur les lignes flottantes
Sabine Dewulf
Edvard munch
Chaque jour
en rentrant à la maison
je n’arrive pas à reconnaître les saisons
pourtant les roses la neige le raisin
il y a ta voix pourtant
à chaque fois des décennies passent
comment faire
je ne m’en souviens pas
Mia Lecomte
Araki