un chat
inconscient
du poids des heures –
pas Kawamura, un autre
s’étire
sur le seuil de la porte
je lui envie sa grâce
ce silence
lui il sait
moi j’apprends
à me tenir là sans bouger

Kono Bairei
un après-midi
sans bord
ni fin
la lumière y est douce
le vent pousse au loin
les ombres
des bris de mots
épars
jonchent la chambre
le silence
à mesure leur trouve
une forme

Olivier Debré
des ailes –
de je ne sais d’où
traversent le jardin
je lève les yeux
rien
rien
que cette clarté étrange
un instant
sur mes paupières
puis qui disparaît
comme si je l’avais rêvée

Davis Hurn
Une halte
est-elle si souvent
recherche.
Pauvre. Dévastée. Ruelle.
En larges lettres cramoisies
déteintes
vous aviez peint au-dessus du vantail
« Cantar hacia afuera
o adentro »
Je cherchais une halte.
Je suis rentrée dans le café espagnol.
« chanter en dehors
ou en dedans » ;
Lorsqu’ils fouilleront ma voix
ils trouveront la nuit
un lys blanc
si pâle
qu’il semble larmes.
Nicole Drano
Alexej Von Jawlensky
mes yeux
se tournent vers l’horizon
assez haut
pour y trouver un souffle
ô rien de grandiose
une simple trouée
au creux des nuages
une lumière
juste assez pour que je puisse
traverser

Alberto Giacometti
Au pied
de ton immeuble,
des amas
de neige.
Au fond
de ton crâne,
des flocons
d’autres froids,
de purs cristaux de joie.
Maintenant,
tes yeux flambent,
collés à la fenêtre
et la neige fond
en chaque
lettre
du prochain poème à naitre
Morgan Riets
Herman Brood
Heure de vent
nuit contre la nuit,
ici, dans ma nuit.
Le vent taureau
court, s’arrête, tourne,
va quelque part ?
vent sombre
dans les entrecroisements
se brise l’âme.
Comme moi-même,
accumulation colère
sans dénouement.
Où suis-je ?
Le vent vient et va ;
Ni ici, ni là.
Miroir Aveugle.
Octavio Paz
Trent Parke