des ailes défiant les secondes
volent dans mon jardin
pour le doux nectar
et l’air vif
du chèvrefeuille taillé
lune basse et hautaine
de ce dernier jour d’août
première personne, singulier –
un amour non partagé
Elis Podnar
Viet Ha Tran
des ailes défiant les secondes
volent dans mon jardin
pour le doux nectar
et l’air vif
du chèvrefeuille taillé
lune basse et hautaine
de ce dernier jour d’août
première personne, singulier –
un amour non partagé
Elis Podnar
Viet Ha Tran
Sous la balançoire
deux sillons parallèles
tracés à coups de pieds
comme coups de dents
dans un fruit vert
la terre labourée exhale le jeu – l’envol à peine
pendule entre ciel et terre
la chanson du bois ouvre sur tant de mondes
dans le grincement des cordes
se lève la brise du large
les voyages de l’enfance
sans frontières ni langage
une planche dans le désert
source des imaginaires innocents
Ada Mondès
Alain Laboile
un souffle
du jour à la poitrine
qui traverse
à son gré
le corps endormi
jusqu’à l’instant
où la lumière
blanchie
vient rompre
le silence

Bernard Drouillet
Le fil de l’encre
qui court
réparant réparant
les bords irréguliers de plaies éparses
ainsi
le poème est cousu
dans la peau
chair vive qui fut jadis blessure
Anne Bregani
Gerard Garouste
une fois encore
j’égrène
l’histoire inachevée
nous sommes
l’un dans l’autre
retournés –
de corps et de regard
en silence
à la lueur d’une lampe
je cherche alors
un geste –
une main même hésitante
la lumière ne rend rien
le temps est effacé

une mer
sourde
plus lente
avec
un long trait d’écume
sans cesse
qui revient sur
le rivage
l’air est doux
le silence observe
mon corps
retourné
prendre vaguement
les formes du poème

Valentina Luraghi
infrangible est
le récit où
je m’enferme chaque soir
je le connais
par cœur
même si
parfois
il manque quelques mots
comme il tient sans eux
je me dis
c’est lui qui raconte

Jason Decaires
: qu’adviendra-t-il de l’espace
qui m’appartient quand
je n’y serai plus ?
dans l’ombre.
sur le dos.
je me souviens.
je veux oublier.
je ne suis pas plus vieille
que je ne le fus jamais : détail de mon visage
dans le miroir gravé par mes ongles :
écouter dans l’ombre.
avec quelle peine
mon cœur bat.
Mila Haugová
Emmanuelle Becker