Muse / 4 la nuit sculpte dans l’air un être de fugue et d’absence je le vois naitre par la fissure du sommeil chacun sait pourtant que rien ne traverse la blancheur des rêves Clarence Hudson White
Muse / 3 le jour lentement respire entre deux arbres l’instant est là nu on dirait que le monde s’y tient tout entier même un nom – venant serait comme un souffle sur la poussière d’or Maria-José Arjena
Muse / 2 tu arriveras non du lieu mais du soir frémissante l’instant sera sans contour rien ne sera dit – le vent la poussière même ces traces dans le sable tout cela sera l’évidence Veronique Van Hoorick
Muse / 1 quelqu’un peut-être toi ramasse la flèche et la porte à ses lèvres elle y trouve un reste de chaleur humaine un visage dont elle connait le nom Jack Davidson
Alors que tout s’effondre – 5/5 le silence énoncé plus rien ne presse je ne poursuis ni la fuite ni l’élan brisé de l’ancienne promesse et l’ombre presque tendre qui collait à mon pas de s’éloigner comme l’eau mince entre les pierres SMITH
Alors que tout s’effondre – 4/5 la lumière s’emmêle aux choses qui tiennent encore debout tout autour les ombres plient le silence fait peau j’écris – pleurer n’est pas faute mais retour à soi après sans bruit dans la paume du jour vient la joie Guillaume Bresson
Alors que tout s’effondre – 3/5 exfoliation de jours inutiles dans l’espace blanc silencieux du trop revenir au presque rien n’avoir foi qu’en l’étoile – la lumière veilleuse du doute seule la bouche hésite devant cela Cristina Iglesias
Alors que tout s’effondre – 2/5 à l’angle où presque cette lumière basse sur un pan du rideau l’instant d’après hésite je retiens mon souffle – il faudrait cette fois-ci quelque chose sans retour Stephan Balkenhol
Alors que tout s’effondre – 1/5 le battement à peine d’un monde juste à l’endroit exact de ma perte pas un signe pas la moindre promesse juste un nom – le tien et la lumière au bord du jour qui va se lever Martial Raysse / Life is so complexe
Circonstances – 6 quelque chose respire sous la nuit j’ouvre l’oeil un souffle vient mêler l’aube au silence puis un mot se glisse et dans l’interstice ton visage réapparait Jean Paul Riopelle