Instantané – 3




je pense

à toutes ces choses

qui tiennent

sans que l’on sache

comment

la main sur la rampe

le souffle dans l’écharpe

cette maison

encore là

avec ses vitres jaunes

la nuit

la chaleur qui monte

au visage

Emmanuele Ravagnani

Muse / 11


dans le repli

du jour

entre deux gestes

là où les choses

parfois

vont s’égarer

le ciel se tait

le bleu est indifférent

nos mains se trouvent –

soudain

tout devient vrai

Sophie Alyz

Instantané – 2



le silence

fait peau

maintenant

je souffle

un vers ancien –

pleurer

n’est pas faute

ni même absence

de soi

l’instant d’après

sort du cercle

parfois

même les mots sont

inconsolables

Trent Parke

Instantané – 1


le jour

par petites touches

revient sur le trottoir

les flaques

sont comme des pensées

sans poids

tu dis –

on efface

non pour oublier

mais pour faire place

et la terre

sous nos pas

bien après continue

l’ouvrage

Trent Parke

Muse – 10



tes yeux

ouvrent une forêt

dans la nuit

je m’y guide

lové

dans le pli de ta voix

c’est un frisson

un feu discret

presque rien –

qu’à jamais

ainsi la lumière

ne la retienne

Lou Tsatas

Muse / 9


peut-être

n’es-tu

qu’une ombre passante

sans dû

ni promesse

un court instant

posé

sur un rêve d’eau

peut-être –

sans même le savoir

es-tu déjà

rendue

au jour qui attend

de renaitre

Francesca Woodman

Muse / 8



imagine

que l’oiseau

revienne

et s’élève au-dessus

de nos têtes

imagine que le ciel

lentement

se reforme autour

de l’oiseau

et que toi

tu marches

au bord du vent

ta main

dans la sienne

Alex Fleming

Muse / 7



rien

ne sépare plus

la terre du vent

le souffle

de la source

tout se confond

désormais

dans la lumière

du matin

et nous –

de nous-même éperdus

marchons

hors de nos murs

innocents

Sophie Mabille

Muse / 6



un souffle

traverse

le silence de la terre

la lumière hésite

glisse

derrière les sommets blancs

c’est étrange – dis-tu

on dirait

que l’hiver se souvient

de nous

NC

Muse / 5




nous dormons

sous mes paupières

nous marchons

sous les ailes du vent

nous effleurons

les buées d’automne

nous suivons

l’eau qui coule de nos mains

nous allons

plus loin que loin

nos yeux découvrent

la beauté du matin

Caroline Dufour