des choses si simples
une chambre, un lit
quelqu’un qui dort
ou qui ne dort pas
une respiration de mots
jamais dits
entre les murs
qui abritent ailleurs
maintenant
Heather Dohollau
Gregory Crewdson
collection de poèmes pris au hasard (ou presque)
des choses si simples
une chambre, un lit
quelqu’un qui dort
ou qui ne dort pas
une respiration de mots
jamais dits
entre les murs
qui abritent ailleurs
maintenant
Heather Dohollau
Gregory Crewdson
maintenant
les terrains vagues
et les oiseaux
te coulent sur la peau
si nombreux
si lourds
tu trébuches au coin
des prés
il y a bien trop de ciel
dans ton visage
trop peu de route
pour soulever la nuit
seul tu chancelles
et tout ce que tu voudrais dire
alors
n’est qu’un étourdissant
bruit d’aile
Germain Tramier
Fatma Haddad (Baya)
J’appelle quelqu’un qui appelle
le pont est long et vide
Je cours vers la réconciliation
l’asphalte est violent les réverbères
qui s’écartent
et les rails enflés
qui traversent le cœur
J’appelle quelqu’un qui appelle
quelqu’un qui appelle…
Inger Christensen
Shin Noguchi
(JE TE CONNAIS, tu es très courbée
Et moi, le transpercé, te suis assujetti.
Où flambe un mot qui témoignerait pour nous deux ?
Toi – tout à fait réelle. Moi – tout entier folie)
Paul Celan
Bertrand Delais
Elaborant ma finitude
sans me laisser devenir
monstre
je m’aime aménité
Ne disant rien
préoccupée par un mirage
sans mot pour le décrire
je me forge un visage
entrant en dieu-de-moi
en maître-dieu-de-moi
Je veux
Je sais
Je veux.
Françoise Coulmin
Julia Tatarchenko
Il y aura toujours dans mon œil
une invisible rose de regret
comme quand au-dessus d’un lac
a passé l’ombre d’un oiseau
Philippe Jacottet
Federica Erra
Le céleste est parti voici longtemps,
Chevauchant la célèbre grue jeune.
De la légende rien ne demeure, sinon
La tour de la grue jaune.
La grue jaune s’en est allée sans espoir de retour
Vers les nuages blancs dérivant,
Sur des milliers d’années.
Le reflet des arbres verdoyants de Wuhan
Si clairs dans les vagues luisantes du soleil,
L’herbe grasse de l’ile du perroquet
Au crépuscule – où est ma maison ?
La brume mêlée de fumées sur le fleuve
Ajoute au regret
Cui Hao
Armand Schultes
on marche dans le jardin
il y a peu à dire
seulement voir la lumière
sur la haie de fusains
un reste de pluie brille
sur les feuilles de lierre
Antoine Emaz
Anthony MOREL
Je ne savais pas que le fond
n’est pas noir
que le jour
n’est pas blanc
que la lumière est
aveugle
et que s’arrêter c’est courir
encore plus
Goliarda Sapienza
Ludwig Nikulski
y a-t-il encore, toujours, une enfance au-devant de nous ?
l’enfant peut-il guérir de la douleur d’aimer ?
il dessine une plaine qui s’évase et ravit au loin l’image d’une montagne
les pieds dans l’herbe bleue et l’eau froide fuyante
l’enfant rêve une errance
parfois les mots s’effondrent et le monde vacille
et la cité de verre, de fer, de béton, de fumées traverse et troue le corps de l’enfant déchiré
François Coudray
Claire Dias Lachèse