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J’ai cru qu’on m’appelait
par mon nom
.
qu’on me tendait une main
mais c’était moi marchant
avec moi
.
nulle part au monde
.
Claude Estéban
Ataa Oko
collection de poèmes pris au hasard (ou presque)
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J’ai cru qu’on m’appelait
par mon nom
.
qu’on me tendait une main
mais c’était moi marchant
avec moi
.
nulle part au monde
.
Claude Estéban
Ataa Oko
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TENIR DEBOUT, dans l’ombre
du stigmate des blessures en l’air.
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Tenir-debout-pour-personne-et-pour-rien.
Non reconnu,
pour toi
seul.
.
Avec tout ce qui a ici de l’espace,
et même sans parole
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Paul Célan
Willem Van Genk
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tu n’as plus soif
ni faim
ni même peur
tu n’auras rien
.
le geste précis
de l’eau
du feu
et de l’homme
te sauvera
.
tu ne seras pas l’eau
ni le jeu
tu ne seras même plus l’homme
tu
seras le miracle
peut-être même le miraculé
.
tu seras celui qui revient
le revenant
.
Arezki Metref
Jean Louis Saiz
.
Pendant la nuit
ils ont remplacé la forêt
par de la forêt
les oiseaux
par des oiseaux, le renard
par un renard.
Dehors
à l’aube
la neige tombe, une carcasse
de voiture devient blanche
près du lac, au jardin
ni abeille ni
libellule ni
enfant –
Nous partons.
Le dernier
éteint le feu.
La bougie qui s’éteint
est un soleil
qui meurt.
.
Lewin Westermann
Tessa Verde
.
J’ai tout dit à la montagne. Notamment que je n’arrivais plus à vivre. Elle m’a répondu négligemment en soufflant sur mon feu que ce n’était pas grave, que vivre n’était qu’une idée, que la nuit venait tous les jours, qu’il fallait s’allumer une cigarette, laisser bruler lentement, le mauvais bois, le mauvais sang. Le temps ici change vite.
José Gsell
Joseph Mallord William Turner
.
Et tout en bas l’Inn avec son eau et l’enfant qui
court sur le pont couvert
et s’arrête près d’une des petites ouvertures.
Alors le pont se met lentement en mouvement,
puis toujours plus vite, il s’en va lui-aussi avec l’eau
de l’Inn vers la grande courbe, et après
la courbe, c’est la mer.
Quelqu’un appelle, l’enfant se retourne,
le pont s’arrête et revient aussitôt à sa place.
Seule l’Inn poursuit son cours.
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Rut Plouda
Erich Heckel
.
Ton œil clair seul est d’absolue beauté
Je veux y couler des coqs, des couleurs,
Toute une jonglerie clinquante
.
Dont tu médites les syllabes –
Calumet, jonquille,
Minuscule
.
Plant sans ride
Mare où les images
Devraient se parer de grandeur classique
.
Non pas ce trouble,
Ces mains tordues, ce noir
Plafond sans étoile.
.
Sylvia Plath
Samson Chen
.
Je te reconnais
visage affolé
buée sur la vitre
.
dehors je ne sais pas
mais dedans
tu cries
.
me diras-tu ta vie ?
cela t’aidera-t-il ?
aimer peut-il aider ?
.
je suis là maintenant
je revis avec toi
tu peux avec moi – revivre
.
Frédéric Worms
.
Vous avez laissé dans mes yeux
une étoile obscure,
l’odeur des hivers
entre les pages éteintes
de mes vieux cahiers.
Moi, j’ai vécu au cœur
de votre ciel ardent,
brulant comme vous
ma vie pour rien.
.
Léonardo Sinisgalli
Danielle Jacqui
.
Laver son cœur
Le faire sécher
le repasser
le suspendre sur un cintre
Ne pas le replacer tout de suite
dans sa cage
Attendre
la clé charnelle de la vision
l’impossible retour
le dénouement de l’éternité
.
Abdellatif Laabi
Thom Corbishley