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« Ainsi le poème
Il faut que je vacille ! »
Me dit cet ami
A qui je montre la tristesse
Dans la fleur d’un sourire ».
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Yosano Akiko
Zao Wou-Ki
collection de poèmes pris au hasard (ou presque)
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« Ainsi le poème
Il faut que je vacille ! »
Me dit cet ami
A qui je montre la tristesse
Dans la fleur d’un sourire ».
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Yosano Akiko
Zao Wou-Ki
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plusieurs
ce qu’il en reste
celle qui est là et l’autre – toi peut-être aussi – et
moi moi
cercle sur cercle
solide chaos
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il n’y a plus ni surface ni fond
et nos silhouettes se baignent blafardes
rien à signaler
– y suis-je encore sans suite
enfant perdue faille trou dans l’archive
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Denise Desautels
Maite Gerrero
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finalement tu atteins
le dimanche où sont amarrés des nuages
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repos, tout comme d’un mensonge
se méfier des regards à l’affut
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il joue sur le clavier
jours blancs et nuits noires
.
joue demain
cette chaine du bonheur
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la mort libérée de l’ombre
verrouille le ciel
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Bei Dao
Alex Veledzimovich
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On n’est pas heureux
Sous l’azur fragile.
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En ce jardin je sais je ne sais quoi.
Les feuilles sont un peu plus larges,
Un peu moins vertes que leur nom.
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L’azur enfante l’ombre
(Le fruit de sa pourriture).
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La terre aborde son silence
Qui l’attendait.
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Jean Tortel
Jordi Ruiz Cicera
XIX
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assez longtemps après
ce ne sont plus les dessins qui viennent
mais le bleu
.
vrai
il ne servirait à rien de retourner
.
il ne sert à rien même
de se retourner
encore
.
encore que
les arbres oui peut-être les arbres
le double platane
peut-être
le vent ou le rien des ces soirs
dans la vitre et cet espèce de calme
intense
.
Ce fouillis de feuilles
.
de quoi fait-il vraiment
se souvenir
on se demande
.
Antoine Emaz
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La guerre, la guerre ! – Encens et icones –
Les éperons jacassent,
Mais je n’ai rien à faire ni du tsar
Ni des querelles des peuples.
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Comme sur une corde fêlée
Je danse – petit danseur.
Je suis l’ombre d’une ombre. Je suis lunaire
De deux sombres lunes.
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16 juillet 1914
Maria Tsvétaieva
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Une vitre opaque dérange parfois la matière du monde
élague le rêve du regard
et nous fait toucher ce que nous ne voyons pas
.
La réalité se concentre alors sur un insecte
apparemment exclu,
sur sa mort sans style,
sur le calice inerte de sa minime histoire.
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La réalité s’égoutte,
patiente distillation
qui mouille la vitre opaque
et aussi nos doigts.
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La réalité est une histoire
minime et voilée.
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Roberto Juarroz
Dan Mattews
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J’ai cru qu’on m’appelait
par mon nom
.
qu’on me tendait une main
mais c’était moi marchant
avec moi
.
nulle part au monde
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Claude Estéban
Ataa Oko
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TENIR DEBOUT, dans l’ombre
du stigmate des blessures en l’air.
.
Tenir-debout-pour-personne-et-pour-rien.
Non reconnu,
pour toi
seul.
.
Avec tout ce qui a ici de l’espace,
et même sans parole
.
Paul Célan
Willem Van Genk
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tu n’as plus soif
ni faim
ni même peur
tu n’auras rien
.
le geste précis
de l’eau
du feu
et de l’homme
te sauvera
.
tu ne seras pas l’eau
ni le jeu
tu ne seras même plus l’homme
tu
seras le miracle
peut-être même le miraculé
.
tu seras celui qui revient
le revenant
.
Arezki Metref
Jean Louis Saiz