la Reyssouze

 

le nom de celui

qui met sa fierté à

marcher

sur l’eau fraiche

à demi-nu

les cheveux baignés de soleil

ses pieds brillent

comme des tessons de lune

et il se rit des voix

qui l’appellent

Samir Tladi

Landscape

 

ce tirage t’appartient

il me semble

: des pierres de repère

levées sur un sol aride

avec un muret bas

qui fuit

à l’horizon

l’hiver

rien de plus

 

à la force du vent

jusqu’à sentir

l’esprit se vider

entièrement

 

 Fay Godwin

 

« Je est un autre »

 

longue étoffe

de soie tirée par les eaux

et sur laquelle dort

un corps ocré

l’œil ne s’ouvre ni se ferme

les traits du visage sont effacés

il n’y a plus d’âge

ni ombre accrochée aux pieds

mais à mesure

que s’éloigne le rivage

l’illusion approche la vérité

 Maurizio Anzeri

Imprégnée du rien

 

les yeux murés

de lumière

en arrière de vous

je creuse un début / je veux dire

un seuil

au-delà duquel les traces

s’effacent

du doigt caresser

le silence

effacer

ce que le verbe incarne

 

s’entendre

Aino Kannisto

(vers le grand escalier)

 

sur les pavés

qui rentrent à la corde

chassés par le froid

ici même

sans le vouloir

la soudaine harmonie

de nos pas

aussi

l’étreinte de ta main quand

apparaissent au courant d’air

ces ombres assises

sur l’a-coté

 

se souvenir

de Jacques Message

dis-tu

tv5

Sur la terre comme au ciel

 

flagrance

de ces corps nus et

coupés

que tu vois

sans regarder par-dessus

les têtes

 

dressés les uns

pour les autres

avec un seul sourire

ce sourire en creux qui limite

la lumière

 

reflet de ce que tu n’es pas

la peur de tout perdre

Gary Sheridan

Venise n’existe pas

 

enjamber

le gouffre qui traverse

la pierre

s’envoler du soir

au matin pour dépendre

le crin d’automne

pleurer

parmi les tessons de verre

ceux d’entre nous qui gisent

 

au sol

Boris Mikhailov

Le non-retour

 

accrochées au tissu

des murs

les ombres que tu croyais mortes

l’autre fois

 

leurs noms solubles dans l’éther

Tu dis :

 

la froideur de l’eau et tu as raison

les jours de lune et tu as raison

partir ou non et tu as raison

l’excès de mots et tu as raison

l’œil du commandeur et tu as raison

 

tu as raison

Marie Dashkova

 

 

Eboulis

 

Que voit-on

chez les enfants d’Anniston ?

Frisson d’eau et fenêtres ouvrant

la lumière, un long silence

à peine

un sourire pour écrire

la souffrance et rien de plus.

De petites pierres

enroulées dans la partie creuse

de l’édifice

tv5

image-e1448366370628 Samuel Bollendorff

 

La fin des fins

 

le claquement

du verrou que ta main

par deux fois tourne, un souffle

et de plein fouet

l’atrophie du temps

 

puis

 

à nouveau le vent plein

des senteurs pourries

de l’automne

Tayfun Gulnar