Crépuscule

 

à peine un mot

ce mot et tu tournes

le dos.

Pour te fondre

arbre

parmi les arbres

dans les eaux noires

de la rivière.

Sans autre effet

que la croix gravée

sur ton épaule

blême

 

tv

image-e1448366370628Gus Powell

 

On marche

 

au fusain

une silhouette épaisse

sous un chapeau mou. Qui dit

à ceux que le temps observe : de l’arbre

l’eau bleue, au vent

un sentier de pierres et la lune

parfois quand elle pend

à l’horizon

 

tv

Joanne Ratajczak

 

 

Esprit fidèle

 

curieux

que nos rêves se croisent

encore sur ce rivage. En dépit

de l’air matinal et du tour indistinct

de nos voix.

Peut-être un souffle

prisonnier

 

tv

Carla Sutera Sardo

 

 

Amer nuage

 

au-dessus

des grandes tours

qui courbent l’échine, un esprit

se consume dans l’azur. Coïncidence

ou non, des poudrins exotiques fusent

à l’aplomb.

 

tv

Landon Spear

Les heures indoues

 

en tourbillon

les premières poussières de l’hiver

sur le faubourg. Aussitôt

Gemini,

 

le serpent d’acier

se resserre, du temps passe et

je m’inquiète :

même si je n’suis rien,

 

ce sol couvert

de lèpre, des murs derrière

les murs

si j’suis personne,

 

toute cette lumière fausse.

Seul ton rire

sur le tas de pierre.

personne

 

tv

 Mattew Gamber

Octobre blanc

 

livrée

aux quatre vents

la page arrachée jadis

au cahier du jour. De survoler

un instant le jardin

avant de tomber dans l’eau grise.

Surgit alors

l’enfant que j’étais en mille neuf cent

soixante-treize.

Le visage maigre et noyé de pluie.

A l’endroit où se dressait hier

encore un chèvrefeuille

de Tartarie

 

 

tv

image-e1448366370628 Albert Louden

 

 

Lettre à M.

 

des cristaux de gel

sur le bord de la fenêtre

: la nudité céleste.

Ou la nacre

d’un rivage dernier

l’intérieur silencieux

d’une conque

l’absence aussi.

Mais peu t’importe !

La saison froide

dis-tu, fait du vers

un art futile

 

tv

Jean Baptiste Courtier

 

Au bout du monde


 

où finit la route

il y a une maison cachée

par la broussaille.

Avec des persiennes closes

et un véhicule abandonné

sur le bas-côté.

Où commence la route

une femme qui voit le soleil

descendre, récite un vers

à propos d’un arbre

plus haut que les autres.

Et ses escarpins rouges

flamboient dans la poussière

du soir.

 

tv

Mo Langel

 

 

 

Oyonnax

 

cette lumière crue

sur les murs du pavillon

d’autrefois.

Rien ne change. Le vieux saule hirsute et

le fil à linge, ces flocons d’écume

sans en avoir l’air. Du doigt

J’envisage un peu plus

de matière mais

loin de grossir, le songe éclate

enfin

 

 

tv

Ian Kline

Le charmant Som

 

du ciel brouillé

une ombre par-dessus

nos têtes. Et en coup seul

de franchir les crêts qui bordent

le versant désert.

Ainsi perçons-nous le conte

mon amour : une vallée couchée

sous un banc de brume

du vent furieux et des bêtes à l’entour

dont nul ne sait vraiment

le nom

tv

 

saatchi art