Le dénouement

.

par petits bouts

le vent te disperse

dans le ciel d’été

.

après

ce sont des choses

d’une grande banalité

de place en place

.

ces lettres attachées les unes

aux autres

.

les images que l’œil cherche

à fourguer

Will Hooper

Subside

.

dans le lieu

où la voix n’est plus

.

ne peut plus être

le venir tombe

des mains

de quelques mots écrits

sur le verre

indubitablement

se produit

ce que le corps ne parvient

à défaire

.

et l’ombre à nouveau

de manifester

entière

.

de qui la vie s’abime

on pressent

quelquefois le néant

Martha Skiro

Matière lunaire

.

au bout du chemin

l’esprit devient ce que

le ciel observe

visage

après visage

.

en silence

irraisonnable

à épier un nom

quand ce n’est pas l’enfant

qui joue dehors

.

à moi-aussi

la terre manque

que sa propre tête

et des étoiles qui partent

au vent

Kavavawao Mannome

Agony

.

vois l’ombre que

la lune continue

de blanchir

.

qui marche

sur l’été pour trouver

un lieu commun

.

sans cesse la voix

de l’être qui manque

la maison perdue

.

et l’avant

qu’il faudrait fondre pour

épuiser la force

Toshio Okamato

Vient la nuit

.

assis

sur un banc

le corps enroulé dans la lueur jaune

mollement

jusqu’au chant du dernier oiseau

ailleurs

rien ni personne attend

juste le frisson des feuilles

et la ville qui s’éloigne

dans un silence

à moitié

Margherita Chiarva

Signe de quoi

.

ce geste épeuré

au bout de sa tige

à s’y méprendre

comme une ronce

qu’un doigt écarte

sur le côté

le froid passe sous

la peau

l’œil se tasse

de l’envers nait

un endroit

la tête sous une épaule

.

il n’y a plus de mot

Robert Van der Hils

(de) La moitié du geste

.

déterre-moi

dit à l’œil

le reflet

.

mais l’œil

ne voit en face 

ni le baiser désert

.

ni la mort de l’obscur

gelé

dans le volume faux

.

qui se tutoie

en l’air

sa langue y perd

.

car le tu

est sous la peau

la profondeur

.

Antoine Emaz

Philipp Schopke

Poème quantique

.

par fulgurance

des ombres à travers

la chaussée

.

il est six heures

.

la voix d’une femme

dans le dos

.

aussi

des visages attentifs

quand d’autres sondent

la dureté

.

tu dis

.

la scène

par un nombre de fois incalculables

est rejouée

.

comme un surcroit

de tableaux que de petits détails

viennent à chaque fois

dissembler

Christina Coral

Fading

la mémoire

de l’œil s’éteint doucement

.

est une ombre

la nuit

qui erre dans un demi-sommeil

.

si loin du chemin

.

avec des mots épandus

dans une langue étrangère

et par une autre voix

Emily Graham

Appendice

.

corps et voix

s’entassent à l’autre bout 

de soi

 

sans l’appel du désir

l’œil ne peut ni les convoiter

ni les retenir

 

la  porte s’ouvre

et sous la couleur orange

ils vont

comme des ballons

ivres rejoindre

le néant

Kile Thomson