Etreinte

.

sous les saules

qui longent la rivière

la mémoire sombre

en silence

.

il n’est rien

.

l’eau est grise

la terre encore tiède

et sous le halo flétri

enflent

.

les subsides

d’un lendemain

Margherita Chiarva

Ici et avant

.

à

nos pieds

les corps blancs

de ceux qui gisent au bord

de l’océan

aussi

un chemin de pas

parmi les herbes sauvages

quelques rochers

et une foule de petits noms

cramponnés à un pan

solaire

Céleste Dupuy Spencer

L’avent

.

sans cesse

la lumière retourne

au point d’origine

sont là

.

les mains roses

et les visages ouverts

les mots ignorants

la gêne

.

ce qui prête

à la partie infirme

du soi

Polina Washnington

Amours en chemin

.

le corps ne sait plus

ce qu’il est

.

honni

du lieu de l’habitude

il retourne

sans relâche

au récit du jour

d’avant

.

aussi

des visages à l’envers

insensiblement

qui perdent la couleur

.

et une ombre qui danse dans

le couchant

Hervey Stein

Le dénouement

.

par petits bouts

le vent te disperse

dans le ciel d’été

.

après

ce sont des choses

d’une grande banalité

de place en place

.

ces lettres attachées les unes

aux autres

.

les images que l’œil veut

fourguer

Will Hooper

Subside

.

dans le lieu

où la voix n’est plus

.

ne peut plus être

le venir tombe

des mains

.

de quelques mots écrits

sur le verre

indubitablement

se produit

ce que le corps ne parvient

à défaire

.

et l’ombre à nouveau

de manifester

entière

.

de qui la vie s’abime

on pressent quelquefois

le néant

Martha Skiro

Matière lunaire

.

au bout du chemin

l’esprit devient ce que

le ciel observe

visage

après visage

.

en silence

irraisonnable

à épier un nom

quand ce n’est pas l’enfant

qui joue dehors

.

à moi-aussi

la terre manque

que sa propre tête

et des étoiles qui partent

au vent

Kavavawao Mannome

Agony

.

vois l’ombre que

la lune continue

de blanchir

.

qui marche

sur l’été pour trouver

un lieu commun

.

sans cesse la voix

de l’être qui manque

la maison perdue

.

et l’avant

qu’il faudrait fondre pour

épuiser la force

Toshio Okamato

Vient la nuit

.

assis

sur un banc

le corps enroulé dans la lueur jaune

mollement

jusqu’au chant du dernier oiseau

ailleurs

rien ni personne

juste le frisson des feuilles

et la ville qui s’éloigne

dans un silence

à moitié

Margherita Chiarva

Signe de quoi

.

ce geste épeuré

au bout de sa tige

à s’y méprendre

comme une ronce

qu’un doigt écarte

sur le côté

le froid passe sous

la peau

l’œil se tasse

de l’envers nait

un endroit

la tête sous une épaule

.

il n’y a plus de mot

Robert Van der Hils