Simplement cette mare à l’odeur resserrée.
J’avance au bord des mots
jusqu’en ce petit corps à la narine large,
complice de la terre.
Voisine des racines,
la surface n’a rien du miroir.
Ce qui descend demeure.
Sabine Dewulf
Emeline Blanquet
Simplement cette mare à l’odeur resserrée.
J’avance au bord des mots
jusqu’en ce petit corps à la narine large,
complice de la terre.
Voisine des racines,
la surface n’a rien du miroir.
Ce qui descend demeure.
Sabine Dewulf
Emeline Blanquet
le monde
se déplie
là
où nos corps
ne pèsent presque
plus
un voile
un passage d’air
le jour hésite
le silence
est bien plus lumineux
que tout
ce qui nous est acquis

Jean Michel André
Nos souffles puisent à la source
qui précède la fièvre
soutenue par le bond de lumière
tu pousses la question
qui t’élève déjà vers la pointe des vagues
ton corps est le navire
le silence me berce encore
je cherche son assise
dans la rumeur inquiète
repasse mes contours sur les lignes flottantes
Sabine Dewulf
Edvard munch
Cette nuit le diable avait forte carrure
tenant sa proie de solitude croyait-elle
un bleu pur nous réveille
quelle ombre de toi s’est nouée à mes plis
me déprendre
délivrer tout mon dû frissonnant
je, nue, à l’ombre déployée
plus de quarante foulées dépensées
sans visible sésame
enfin la source pleure
et la forêt gorgée de nids
Sabine Dewulf
Richard Tuchman