(JE TE CONNAIS, tu es très courbée
Et moi, le transpercé, te suis assujetti.
Où flambe un mot qui témoignerait pour nous deux ?
Toi – tout à fait réelle. Moi – tout entier folie)
Paul Celan
Bertrand Delais
(JE TE CONNAIS, tu es très courbée
Et moi, le transpercé, te suis assujetti.
Où flambe un mot qui témoignerait pour nous deux ?
Toi – tout à fait réelle. Moi – tout entier folie)
Paul Celan
Bertrand Delais
Il y aura toujours dans mon œil
une invisible rose de regret
comme quand au-dessus d’un lac
a passé l’ombre d’un oiseau
Philippe Jacottet
Federica Erra
sur le chemin
de la noyeraie
j’implore
quelque chose
pour te retenir
ta voix s’efface déjà
bientôt
ce sera le visage
il y aura
un dernier regard
et juste après
la nuit tombera

y a-t-il encore, toujours, une enfance au-devant de nous ?
l’enfant peut-il guérir de la douleur d’aimer ?
il dessine une plaine qui s’évase et ravit au loin l’image d’une montagne
les pieds dans l’herbe bleue et l’eau froide fuyante
l’enfant rêve une errance
parfois les mots s’effondrent et le monde vacille
et la cité de verre, de fer, de béton, de fumées traverse et troue le corps de l’enfant déchiré
François Coudray
Claire Dias Lachèse
C’est la vie qui vous fait mourir,
Ecriviez-vous dans ce poème où tout
Demeure à vif : le crépitement des trolleys,
La nuque de l’amante à son miroir
Et jusqu’à la jeune morte sur son lit,
Tellement sage qu’on ne sait plus
Si c’est le temps qui passe ou nous
Qui passons à travers lui, les mains vides,
Comme un train somnambule à travers
La campagne endormie – et le voyageur
Oublié dans le creux de ses bras
Est un lac au soleil de midi, un lac
Que rien ne trouble, pas même le reflet
Du corps penché qui tremble dans la vitre.
Guy Goffette
Thérèse O’keffe
je ne suis pas là non plus c’est vrai
alors je peux l’écrire
tu ne reviendras pas
je t’écris pour te dire à quel point enfin je sais
tu ne reviendras pas
Eric Sautou
Katrina Servoni