L’averse



la transparence

étrange de cette vitre

traversée de pluie


la rue se brouille

les arbres semblent pousser

plus loin


je ne bouge pas


me voici

rendu à moi-même


sans autre parole

que celle

de l’eau qui tombe

Paxti Laskarai

Comme en songe




le jour hésite

encore un peu


de pâles filaments

restent accrochés aux branches


les arbres

sont une terre d’ombre

les chemins s’oublient


peu à peu

le silence retrouve sa place


Paxti Laskrai

Çà et là



un chemin

désert

dans l’à-vif du soir



je marche

sans savoir vers quoi

chaque pas

déplace encore un peu

le soir


je tends l’oreille


le vent

s’attarde dans les branches

la pierre mouillée

pousse çà et là


on dirait

que la terre veut parler

Paxti Laskarai